Olga Lesly à l'olympia

Olga Lesly, chanteuse gabonaise : « Les artistes Ekang de différents pays doivent davantage collaborer »

Quel beau cliché, que celui de voir deux artistes Ekang de deux pays différents, se présenter sur l’une des scènes les plus mythiques du monde. Chanteuse originaire de la ville de Minvoul dans le Nord du Gabon, Olga Lesly (Angue Abogo Olga Lesly) à l’état civil, fait partie des artistes qui ont eu l’insigne honneur d’accompagner Lady Ponce lors de son triomphe à l’Olympia de Paris le 10 septembre 2022. Dans une interview accordée à la plateforme Savoir-Faire Ekang, la chanteuse de musique tradi-moderne est revenue sur cet épisode marquant de sa carrière, sur son riche parcours artistique entre son Gabon natal, les Antilles et la France, et enfin sur ses projets à venir. Interview

 

Comment Olga Lesly s’est-elle retrouvée à effectuer la première partie du concert de Lady Ponce ?

J’ai vu un direct sur la page de Lady où on demandait aux gens qui veulent faire la première partie de se prononcer. J’ai pris le numéro, j’ai appelé le manager. Etant donné que leur idée première, était d’impliquer des artistes autres que les Camerounais, surtout les artistes Ekang d’ailleurs, ce qui m’a intéressée. J’ai présenté mes œuvres au manager de Lady Ponce qui a apprécié et m’a choisie pour faire l’avant-concert. Je n’étais pas la seule, il y avait d’autres artistes venant de d’autres pays qui ont contacté le manager, mais je ne saurais vous dire qu’est-ce qui a fait peser ma candidature sur la balance.

Un commentaire sur la performance de Lady Ponce, à laquelle vous avez assisté de très près…

Ce que j’ai à dire par rapport à la performance de Lady Ponce, c’est juste : « wahou ! ». Elle a mis la barre haut, elle a été à la hauteur de ce que le public attendait d’elle. Je peux dire en toute franchise que j’ai rarement vu une telle performance d’une femme Ekang ici en France. C’est-à-dire, réaliser un spectacle de cette envergure. C’est quelque chose à applaudir. Lady Ponce est une devancière. Nous qui venons derrière elle, si on arrive à accomplir un tel exploit : vraiment alléluia !

Selon vous, les artistes Ekang collaborent-t-ils assez ?

Non ! Je pense que les artistes Ekang ne collaborent pas beaucoup. On devrait le faire davantage. Parce qu’on aimerait bien voir une chanteuse Ekang équatoguinéene et une autre du Gabon ou du Cameroun en duo. Cela participerait à faire briser les frontières et faire retentir notre culture.

 

Comment Olga Lesly arrive dans le monde la musique ?

La musique est une passion, j’ai toujours été passionné de musique et surtout, de danse. Ma maman était une grande chanteuse traditionnelle au Gabon donc, j’ai été élevé dans cet univers. Dès l’âge de 6 ans, je dansais avec ma maman dans le groupe d’animation du village. Elle m’a initié au Gaule (une danse traditionnelle du Woleu Ntem). A l’âge de 11 ans, j’ai créé un groupe socio-culturel pour l’école primaire de mon village puis, un autre groupe mythique devenu populaire dans notre province. En 2001, je me suis envolée dans les Antilles pour poursuivre mes études. J’y ai collaboré avec plusieurs artistes comme danseuse pendant les concerts organisés en Guyane. Je quitte les Antilles en 2004 pour m’installer en France où je poursuis ma carrière.

Olga Lesly

Pouvez-vous nous parler de votre discographie ?

J’ai actuellement 5 titres à mon actif. C’est en 2008 que je sors ma première chanson intitulée « La mode », en 2010 j’ai sorti deux chansons : « Okone ya nem » et « Alouk ». En 2012, je reviens avec « Edzom Di » et en 2014, je sors le titre « Elone Samedi ». Ma dernière chanson « Enam missis » date de 2017. Actuellement, je prépare un album qui devrait arriver d’ici janvier 2023. J’ai aussi de nombreux autres projets en cours, j’évite d’en parler et je laisse le public les découvrir lorsque tout sera concret.

 

Vous êtes aujourd’hui en France, pensez-vous qu’il est plus aisé de pratiquer la musique de ce côté plutôt que dans votre pays d’origine ?

Si j’étais restée au Gabon, je serais très loin musicalement parlant. Etant donné que je fais du tradi-moderne, il y a très peu de musiciens qui font dans ce domaine ici. Pour sortir un single, je suis obligée de me rendre au Gabon le faire là-bas et après je reviens en France. Du coup, il y a un temps mort entre la sortie du single, le clip et la promotion qui se fait en France. C’est très compliqué. Mais ce n’est que partie remise. Le Gabon est mon pays et l’Afrique mon continent, j’y retournerai un jour.

Quelle est à ce jour, la plus grande fierté de votre carrière ?

Des fiertés, j’en ai beaucoup. Mais celle qui m’a le plus marquée, reste ma prestation à l’Olympia. C’est l’un des plus grands spectacles auquel j’ai pu participer. Le fait de chanter à l’Olympia a représenté énormément pour moi. C’est une façon unique de mettre en lumière mon talent, mon art. Chanter dans un endroit aussi mythique que l’Olympia c’est donner un coup de pouce à ma carrière qui avait eu un temps mort pendant quelques années.

 

Des conseils à l’endroit des jeunes qui voudraient suivent vos pas…

Ce que je peux dire à mes frères et sœurs qui veulent faire comme moi, comme Lady Ponce, comme les artistes de renom, c’est de croire en eux. Respectez vos devanciers, les gens qui ont de l’expérience, on a toujours beaucoup à apprendre d’eux. L’orgueil ça ne paie pas ; allez vers des aînés pour leur demander un peu de leur savoir-faire, nous fera toujours grandir.

 

Propos recueillis par Cédric Mimfoumou Zambo, Rédacteur en chef Savoir-Faire Ekang