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	<title>Savoir-Faire Ekang</title>
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	<description>Le savoir-faire des Ekang</description>
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	<title>Savoir-Faire Ekang</title>
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		<title>La création d&#8217;Engong</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ekang]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 20:07:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Mvet Ekang]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment est né Engong ? Qui l'a créé ? Nous vous racontons l'histoire</p>
<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/la-creation-dengong/">La création d&rsquo;Engong</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="30840" class="elementor elementor-30840" data-elementor-post-type="post">
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									<p>Tout commence avec la mort du Patriarche <a href="https://savoirfairekang.com/ekang-nna-le-patriarche-son-histoire/" target="_blank" rel="noopener">Ekang Nna</a>. Après ses funérailles à Mboulamiame, son héritier et premier fils, <strong>Evini Ekang</strong>, réunit toute la famille et leur annonça qu&rsquo;il était temps de partir, de quitter Mboulamiame et le tombeau du Patriarche. La caravane prit la direction du sud, et c&rsquo;est à Meko&rsquo;o, une terre hospitalière, qu&rsquo;Evini Ekang décida de s&rsquo;installer avec les siens.</p><p>Mais non loin de là vivait le tout-puissant <strong>Zok Memveme</strong>, un grand seigneur de guerre qui vit d&rsquo;un très mauvais œil l&rsquo;arrivée d&rsquo;Evini Ekang sur ces terres qu&rsquo;il considérait comme les siennes. Il fit savoir à Evini Ekang que <em>deux oveng ne peuvent pas se dresser sur la même montagne</em>, et lui ordonna de quitter les lieux.</p><p>Evini Ekang et ses frères décidèrent de ne pas s&rsquo;en aller. Une guerre violente s&rsquo;engagea alors, une guerre qui dura des jours et des nuits, opposant l&rsquo;armée de Zok Memveme aux frères d&rsquo;Evini Ekang, tandis qu&rsquo;Evini Ekang et Zok Memveme, eux, se neutralisaient l&rsquo;un l&rsquo;autre. Les pertes en vies humaines furent lourdes des deux côtés. Face à cette réalité, les fils d&rsquo;Ekang Nna se réunirent et décidèrent d&rsquo;un commun accord d&rsquo;abandonner Meko&rsquo;o. Pourquoi sacrifier autant de vies humaines pour un lopin de terre, alors qu&rsquo;ils pouvaient trouver mieux ailleurs ? Zok Memveme était trop puissant, trop bien organisé. Une guerre contre lui était perdue d&rsquo;avance.</p><p>Evini Ekang, lui, refusa de les suivre. Avec son fils <strong>Mba Evini</strong>, ils choisirent de rester à Meko&rsquo;o et d&rsquo;affronter Zok Memveme. Evini Ekang et Zok Memveme se battirent pendant une éternité. Un soir, Evini Ekang sortit en vampire pour assister à une séance de sorcellerie et consulter les morts à propos de son combat contre Zok Memveme. Mais à son retour dans son corps, il tomba malade. Et il mourut.</p><p>N&rsquo;ayant pas réussi à tuer Zok Memveme, Mba Evini, son fils, prit la décision de s&rsquo;enfuir avec sa mère et quelques autres pour rejoindre le reste de la famille, qui avait depuis pris la route d&rsquo;Obèè.</p><p>Car pendant que père et fils tenaient tête à Zok Memveme, les autres descendants d&rsquo;Ekang Nna avaient marché pendant plusieurs jours en direction du sud, jusqu&rsquo;à atteindre <strong>Obèè</strong>.</p><p>Obèè était un beau village, un havre de paix plongé dans l&rsquo;opulence, où les biens matériels abondaient, mais où régnait aussi une morale draconienne qui exigeait de chacun qu&rsquo;il évite tout dérapage. Mba Evini finit par les rejoindre là.</p><p>Mais Mba Evini, fils de son père, n&rsquo;était pas homme à s&rsquo;installer là où il n&rsquo;avait rien fondé. S&rsquo;établir à Obèè sans y avoir contribué, c&rsquo;était se condamner à n&rsquo;être qu&rsquo;un assisté, exposé aux regards qui ne manqueraient pas de le traiter d&rsquo;orgueilleux et de prétentieux, comme son père avant lui. Il annonça donc à ses oncles au corps de garde la mort d&rsquo;Evini Ekang, la menace que Zok Memveme faisait peser sur lui, et sa décision de repartir. Il prit la direction du sud avec sa suite.</p><p>Au bout de plusieurs lunes de marche, après avoir franchi le mont Odok, Mba Evini et les siens atteignirent le grand fleuve Dzam Anen, que l&rsquo;on pourrait traduire par <em>la grande affaire</em>. La forêt y était abondante et la terre respirait la fertilité. Mba Evini décida de s&rsquo;établir à cet endroit. Il y bâtit son village, qu&rsquo;il nomma <strong>Engong Zok Mebegue</strong> <strong>chez Mba Evini Ekang</strong><em>, </em><strong>Eyina Minkouh Miassok, Otoun Bikop Asseng Mba, carrefour des palabres, l&rsquo;olivier dressé sur le mont, point de mire de toutes les tribus</strong><em>.</em></p><p>Les louanges de la belle cité d&rsquo;Engong parvinrent jusqu&rsquo;à Obèè, où la descendance d&rsquo;Ekang Nna restée là-bas, Nguema Ekang et ses frères, décida de rejoindre leur neveu Mba Evini. Celui-ci leur réserva un accueil sans pareil et leur offrit l&rsquo;hospitalité. À l&rsquo;exception de Ngame Ekang, tous les descendants vivants d&rsquo;Ekang Nna se retrouvèrent ainsi réunis à Engong Zok Mebegue. Chacun y créa son propre village, lui donnant un nom distinct de celui d&rsquo;Engong.</p><p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;Engong devint à la fois le Pays, le Peuple et la descendance d&rsquo;Ekang Nna. Mais Engong désignait aussi, en même temps, le propre village de Mba Evini Ekang, aujourd&rsquo;hui gardé par son fils <a href="https://savoirfairekang.com/akoma-mba-le-chef-supreme-dengong/" target="_blank" rel="noopener">Akoma Mba</a>, chef suprême d&rsquo;Engong, peuple des Immortels.</p><p>La mort frappa ensuite, comme elle frappe toujours. L&rsquo;un après l&rsquo;autre, ses oncles Nguema Ekang, Mengono Ekang, Nkomo Ekang, Mboungoa Ekang, Oyono Ekang, Ango Ekang, et sa tante Okome Ekang, ceux-là mêmes qui avaient traversé le temps et l&rsquo;espace pour parvenir à Engong et y vivre, s&rsquo;en allèrent au royaume des morts. Mais là-bas aussi, ils continuent d&rsquo;œuvrer, assistant la descendance d&rsquo;Ekang Nna dans ses batailles contre les habitants du royaume des morts qui contribuent à la puissance des natifs d&rsquo;Oku, au détriment de la lignée d&rsquo;Ekang Nna.</p><p>La cité d&rsquo;Engong est ainsi née. Elle deviendra une cité prospère et technologique, enviée de tous. Sous la direction d&rsquo;Akoma Mba, chef suprême d&rsquo;Engong, la descendance d&rsquo;Ekang Nna accédera au secret de l&rsquo;immortalité ; ils deviendront ainsi immortels et leur rôle sera d&rsquo;établir la justice. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ils descendront très souvent dans le pays des mortels d&rsquo;Oku, habitués au désordre, pour mettre fin à la mégalomanie et à la tyrannie de leurs dirigeants, qui tenteront coûte que coûte de détruire Engong ou alors de faire sauter l&rsquo;immortalité de ses habitants.</p>								</div>
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									<p><b data-path-to-node="5,0" data-index-in-node="0"><span style="text-decoration: underline;">Note de référence</span> :</b></p><p>Cet article est extrait de l&rsquo;ouvrage <i data-path-to-node="5,0" data-index-in-node="57">Du Mvett : Essai sur la dynastie Ekang Nna</i> de Daniel Assoumou. Ce récit ayant été fortement résumé, nous vous recommandons d&rsquo;acquérir le livre pour le découvrir dans son intégralité et parcourir toutes les aventures des descendants d&rsquo;Ekang Nna.</p>								</div>
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		<title>Ekang Nna, le Patriarche : Aux origines d&#8217;une dynastie et d&#8217;un instrument</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ekang]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 May 2026 20:32:24 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Mvet Ekang]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il est des histoires que les livres n&#8217;auraient jamais pu faire naître seuls. Celle d&#8217;Ekang Nna est de celles-là. Elle vit depuis des siècles dans la voix des Maîtres Mvett, ces gardiens de la mémoire des peuples Ekang d&#8217;Afrique centrale, dont l&#8217;épopée traverse le Cameroun, le Gabon, la Guinée Équatoriale et le Congo comme un [&#8230;]</p>
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									<p>Il est des histoires que les livres n&rsquo;auraient jamais pu faire naître seuls. Celle d&rsquo;Ekang Nna est de celles-là. Elle vit depuis des siècles dans la voix des Maîtres <a href="https://savoirfairekang.com/cest-quoi-le-mvett-ekang/" target="_blank" rel="noopener">Mvett</a>, ces gardiens de la mémoire des peuples Ekang d&rsquo;Afrique centrale, dont l&rsquo;épopée traverse le Cameroun, le Gabon, la Guinée Équatoriale et le Congo comme un fleuve souterrain qui ne tarit jamais. C&rsquo;est à travers eux, et eux seuls, que nous connaissons dans le détail l&rsquo;histoire de cet homme hors du commun : père fondateur, inventeur, guerrier, mystique et patriarche dont la vie entière ressemble à un orage que l&rsquo;on entend gronder bien avant qu&rsquo;il n&rsquo;éclate.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Nna Otse et la première harpe</h2>				</div>
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									<p>Avant Ekang Nna, il y eut son père, Nna Otse.</p><p>Le soir venu, quand les hommes se retrouvaient au corps de garde pour laisser la nuit prendre possession du village, Nna Otse sortait un instrument composé d&rsquo;une tige d&rsquo;arbuste soigneusement recourbée, d&rsquo;une corde tendue entre ses deux extrémités, et à l&rsquo;une d&rsquo;elles, d&rsquo;une demi-calebasse évidée qui servait d&rsquo;enceinte acoustique. Une baguette de bois suffisait à Nna Otse pour tirer de cet assemblage humble les notes de musique.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Le fils qui améliora l'instrument de son père</h2>				</div>
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									<p>Nna Otse mourut.</p><p>Ekang Nna s&#8217;empara de l&rsquo;instrument paternel avec la curiosité ardente de celui qui ne se contente jamais de l&rsquo;acquis. Il en joua d&rsquo;abord, longtemps, jusqu&rsquo;à en maîtriser les moindres possibilités. Puis vint la révélation : une seule corde ne suffisait pas. Le champ harmonique de l&rsquo;instrument était trop étroit, trop pauvre pour la musique qu&rsquo;il entendait en lui. Il fallait aller plus loin.</p><p>Sa solution fut d&rsquo;une ingéniosité remarquable : il tailla un petit archet (Engo) dans un morceau de bois, et le planta vers le milieu de la tige. Cet archet, pourvu d&rsquo;une encoche destinée à recevoir la corde, divisa l&rsquo;unique corde en deux segments distincts, donnant ainsi naissance à deux cordes qui produisaient des notes bien différenciées. Les sons qui en résultèrent résonnèrent différemment, plus pleinement, avec une richesse harmonique que la harpe de Nna Otse n&rsquo;aurait jamais pu atteindre.</p><p>Ce geste, en apparence modeste, fut en réalité un tournant décisif dans l&rsquo;histoire musicale des peuples <a href="https://savoirfairekang.com/que-veut-dire-ekang/" target="_blank" rel="noopener">Ekang</a>. Ekang Nna venait de tracer, sans le savoir encore tout à fait, le chemin qui mènerait, plusieurs générations plus tard, jusqu&rsquo;au Mvett dans sa forme standardisée, celle qu&rsquo;<a href="https://savoirfairekang.com/oyono-ada-ngono-et-son-ecole-de-mvet/" target="_blank" rel="noopener">Oyono Ada</a> devait fixer pour la postérité. Entre la calebasse de Nna Otse et l&rsquo;instrument accompli du Mvett, il y a toute une généalogie du son. Ekang Nna en est le maillon central.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Le mariage d'Ekang Nna</h2>				</div>
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									<p>Mais Ekang Nna n&rsquo;était pas seulement un esprit inventif. C&rsquo;était aussi un être d&rsquo;une trempe inflexible, habité par une conception absolue de l&rsquo;honneur et de la fidélité. Dans son village Mboulamiane, il lui avait été donné un interdit : il ne devait jamais partager la couche d&rsquo;une femme qui en aurait connu un autre. Et les femmes qu&rsquo;il épouserait devaient être, sans contestation possible, les plus belles de toute sa contrée.</p><p>C&rsquo;est avec cette exigence qu&rsquo;il jeta son dévolu sur Aloum Ndong Minko, fille de Ndong Minko Mi Ella, du village Aloum, de la tribu Olông. Avant de verser la dot, il fit creuser trois tombes dans la terre du village. Trois tombes ouvertes, béantes, qui regardaient le ciel.</p><p>Il convoqua d&rsquo;abord sa belle-mère. Sa voix, ce jour-là, avait la froideur du fer :</p><p><em>« Vous les belles-mères, vous êtes insatiables. Vos filles sont vos marchandises que vous vendez à n&rsquo;importe qui, n&rsquo;importe où, n&rsquo;importe quand et n&rsquo;importe comment. Vous incitez vos filles à l&rsquo;infidélité ; lorsque votre gendre a le dos tourné, vous les poussez à commettre l&rsquo;adultère. Or moi, Ekang Nna, je ne peux partager ma femme avec un autre homme. Aujourd&rsquo;hui je vais verser la dot, mais à partir de ce jour, en dehors de moi-même, il est exclu que quiconque au monde ait les faveurs d&rsquo;Aloum Ndong Minko. Et si jamais toi, ma belle-mère, tu adoptes ces comportements que je viens de décrire, tu cesseras de faire partie de ce monde des vivants pour rejoindre tout simplement le royaume des fantômes. »</em></p><p>L&rsquo;énorme sabre à double tranchant sortit de son fourreau dans un éclair. D&rsquo;un geste précis, Ekang Nna trancha l&rsquo;oreille gauche de sa belle-mère et la jeta dans l&rsquo;une des tombes.</p><p>Il se tourna ensuite vers son beau-père, Ndong Minko Mi Ella. Le discours fut tout aussi implacable :</p><p><em>« Beau-père, vous êtes pires que les belles-mères. Jamais vous ne laissez passer une occasion sans manigancer les enchères sur vos filles. Vous conspirez contre vos gendres, vous reniflez sans cesse à la recherche d&rsquo;un nouvel homme, d&rsquo;une dot nouvelle, d&rsquo;un présent douteux, au mépris total du gendre légitime. Votre soif d&rsquo;escroquerie ne connaît point de limite. Aujourd&rsquo;hui, Ndong Minko Mi Ella, je vais te verser la dot qui te revient. Les seuls droits qui te restent sur ta fille, c&rsquo;est de veiller à ce qu&rsquo;elle soit heureuse et une épouse exemplaire. Tout manquement de ta part risque de précipiter ton départ au pays des fantômes. »</em></p><p>À la fin de ces mots, Ekang Nna trancha le pouce de la main droite de son beau-père et le jeta dans la deuxième tombe.</p><p>Puis vint le tour d&rsquo;Aloum Ndong Minko elle-même. Elle avait tout vu. Elle avait tout entendu. Et Ekang Nna, sans détour, lui dit ce qu&rsquo;il attendait d&rsquo;elle :</p><p><em>« Vous les femmes mariées, vous êtes bizarres : on ne sait jamais ce que vous voulez. Quelle que soit l&rsquo;attitude de votre mari, vous n&rsquo;êtes jamais satisfaites. Si votre mari vous régale du produit de ses chasses et pêches, vous vous plaignez que la nourriture ne peut pas être le fondement d&rsquo;une union. S&rsquo;il renonce à la polygamie, vous dites qu&rsquo;une seule femme ne peut suffire à un homme ; s&rsquo;il y renonce, vous dites que votre place n&rsquo;est plus dans ce ménage. Toi, Aloum Ndong Minko, tu es désormais ma femme, entièrement et complètement. Tu viens de voir ce qui s&rsquo;est passé. Si jamais tu t&rsquo;avises un jour de t&rsquo;offrir à un autre homme, tu iras rejoindre l&rsquo;oreille et le pouce de tes parents au pays des morts. Ce jour-là, la troisième tombe sera scellée, avec toi dedans. »</em></p><p>Une importante dot fut remise à la famille. La cérémonie était close. Le mariage était scellé sous la triple loi du serment, du sang et de la terre ouverte.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Une famille sous tension</h2>				</div>
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									<p>Ekang Nna était riche. Il prit plusieurs épouses et vit grandir autour de lui une famille nombreuse : neuf fils et une fille. Avec Aloum Ndong Minko, il eut Evini Ekang, l&rsquo;aîné. Vinrent ensuite Nguema Ekang, Oyono Ekang, Ango Ekang, Osse Ekang, Mbougoa Ekang, Nkomo Ekang, Mengono Ekang. Sa fille unique, Okome Ekang, surnommée Ada Ngone, allait devenir la mère d&rsquo;Oyono Ada Ngone. Et sa dernière épouse, la toute jeune Nkene Ndong Minkouna, lui donna son dernier fils : Ngame Ekang.</p><p>Mais la richesse et la puissance ne mettent pas les familles à l&rsquo;abri des tempêtes intérieures. Dans ce foyer polygamique, chaque femme tissait en secret ses intrigues, ses alliances et ses conspirations. Ekang Nna fit tout de son vivant pour maintenir l&rsquo;unité de sa maison, mais l&rsquo;unité d&rsquo;une grande famille est une forteresse que l&rsquo;on doit défendre chaque jour contre les assauts du ressentiment.</p><p>Le plus redoutable de ces assauts vint de là où il ne l&rsquo;attendait peut-être pas : de sa première femme, Aloum Ndong Minko. Elle n&rsquo;avait jamais pardonné la mutilation de ses parents lors de la cérémonie de dot et avait entrepris de rechercher des voies et moyens de venger son père et sa mère. Pendant des années, elle avait nourri sa rancœur, comme une braise que l&rsquo;on entretient sous la cendre. Et cette braise, au fil du temps, avait fait d&rsquo;elle une grande sorcière de la pire espèce. Grâce à ses pouvoirs, elle réussit à attirer à elle et à aliéner toutes les autres femmes d&rsquo;Ekang Nna et leurs enfants, à l&rsquo;exception d&rsquo;une seule : la jeune Nkene Ndong Minkouna, et son fils Ngame Ekang, qui demeurèrent fidèles au patriarche.</p><p>La maison d&rsquo;Ekang Nna était fracturée : d&rsquo;un côté, Aloum Ndong Minko et sa coalition ; de l&rsquo;autre, Ekang Nna, vieillissant, entouré de la seule loyauté de sa dernière épouse et de son fils cadet.</p><p>Evini Ekang, son aîné et fils d&rsquo;Aloum Ndong Minko, lui et ses frères brillaient vis-à-vis de leur père Ekang Nna par une présence passive.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">La case du secret</h2>				</div>
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									<p>Ekang Nna sentit venir sa mort et annonça à sa famille qu&rsquo;il allait mourir. Et avant de partir, il fit ce que tous les grands patriarches font : il pensa à ceux qu&rsquo;il laissait sans défense.</p><p>Il fit venir Ngame Ekang dans sa case, en secret. Ngame Ekang, le benjamin, le tout dernier, celui que la meute des aînés aurait tôt fait de dévorer une fois le père disparu. Que deviendrait-il, seul, face à tous ces rapaces qui rôdaient ? Ekang Nna prit sa décision dans le silence de sa case : il léguerait à son fils cadet la connaissance profonde des sciences secrètes et sa propre puissance.</p><p>Mais le secret ne tint pas. Aloum Ndong Minko, dont les pouvoirs magiques ne dormaient jamais, espionnait la scène à leur insu. Elle appela aussitôt son fils Evini Ekang, lui reprocha sa négligence et le somma d&rsquo;aller épier ce qui se passait dans la case du père. Ce qu&rsquo;il fit. Puis il rassembla tous ses frères et sa sœur dans la cour du village pour leur révéler que leur père était en train de les trahir au profit du jeune benjamin.</p><p>Dans la case, cependant, la transmission suivait son cours. Quand elle fut achevée, Ekang Nna s&rsquo;adressa à son fils pour la dernière fois :</p><p><em>« Je t&rsquo;ai donné la vie, et je viens de te donner les éléments pour que tu domines la vie. Tu es maintenant un homme puissant, tu seras très riche et tu n&rsquo;auras rien à envier à tes semblables. Je te fais cependant une interdiction : quoi qu&rsquo;il arrive, tu ne devras jamais combattre tes frères. Même s&rsquo;ils ont fait preuve d&rsquo;indélicatesse à mon égard, ils demeurent mes enfants. Tu as beaucoup reçu. Vous serez tous puissants. Maintenant, je peux m&rsquo;en aller en paix au royaume des morts. »</em></p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Les derniers mots d'un patriarche</h2>				</div>
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									<p>À peine Ekang Nna avait-il fini de parler qu&rsquo;Evini Ekang fit irruption dans la case. Il apostropha son père sans retenue, avec la véhémence de celui qui se croit dépossédé :</p><p><em>« Père, tu ne peux t&rsquo;en aller ainsi. Comment peux-tu être un père sacrilège et privilégier un seul de tes fils au détriment des autres ? J&rsquo;exige que tu donnes à chacun d&rsquo;entre nous la part qui lui revient ! »</em></p><p>Les autres enfants, massés derrière lui, approuvèrent.</p><p>Ekang Nna les regarda. Peut-être y eut-il dans ses yeux une ombre de lassitude, ou peut-être une dernière flamme de fierté. Il répondit :</p><p><em>« Fils, ne sois pas insolent. Aucun de vous n&rsquo;a été spolié au profit des autres, et aucun de vous n&rsquo;a été privilégié au détriment d&rsquo;un autre. J&rsquo;ai personnellement patronné toutes vos initiations. Je n&rsquo;ai pas manqué à mon rôle d&rsquo;éducateur. Vous êtes tous des hommes puissants. Je quitte la vie en étant tranquille, sans avoir le sentiment d&rsquo;avoir failli à mon devoir. Je vous bénis tous. »</em></p><p>Evini Ekang contesta mais Ekang Nna rendit l&rsquo;âme sur ses dernières paroles.</p><p>Dans la cour du village, Evini Ekang broyait du noir. Sa colère, froide et sourde, cherchait une issue. La troisième tombe n&rsquo;avait jamais été scellée. Mais dans cette famille désormais orpheline de son patriarche, une guerre fratricide s&rsquo;annonçait.</p><p><em>L&rsquo;histoire d&rsquo;Evini Ekang et de ce qui advint après la mort du patriarche fera l&rsquo;objet d&rsquo;un prochain récit.</em></p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">La lignée des Immortels : généalogie de la dynastie Ekang Nna</h2>				</div>
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									<ol><li>Mebegue Me Nkwa</li><li>Kare Mebegue</li><li>Ola Kare</li><li>Zame Ola</li><li>Otse Zame</li><li>Nna Otse</li><li>Ekang Nna</li><li>Evini Ekang – Oyono Ekang – Ango Ekang – Osse Ekang – Okome Ekang</li><li>Mba Evini – Endong Oyono – Meye M&rsquo;Ango – Angoung Berre Osse – Oyono Ada</li><li>Akoma Mba – Medang Endong – Engwang Meye – Ebè Okome – Ondo Mba</li><li>Angone Endong – Mfoule Engwang</li><li>Ntoutoume Mfoule – Engwang Ondo</li></ol>								</div>
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									<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Sources de référence</span> :</strong></p><ul><li>Daniel Assoumou Ndoutoume, <em>Du Mvett — Essai sur la dynastie Ekang Nna</em>, Éditions L&rsquo;Harmattan</li><li>Angèle Christine Ondo, <em>Mvett Ekang : Les figures de pensée</em></li></ul>								</div>
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		<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/ekang-nna-le-patriarche-son-histoire/">Ekang Nna, le Patriarche : Aux origines d&rsquo;une dynastie et d&rsquo;un instrument</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
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		<title>Université africaine : former des diplômés ne suffit pas à former des esprits critiques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ekang]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Apr 2026 20:15:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Université africaine : former des diplômés ne suffit pas à former des esprits critiques. Quand la pensée critique reste en sourdine.</p>
<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/universite-africaine-quand-la-massification-ne-suffit-pas/">Université africaine : former des diplômés ne suffit pas à former des esprits critiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="30375" class="elementor elementor-30375" data-elementor-post-type="post">
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				Table des matières			</h4>
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									<p>En vingt ans, l’enseignement supérieur en Afrique est passé d’un horizon lointain à une réalité de masse : le taux d’inscription a plus que doublé entre 2000 et 2021, pour atteindre environ 9% en Afrique subsaharienne, bien loin de la moyenne mondiale qui dépasse désormais 40%. C’est un progrès historique, incontestable. Pourtant, une question dérangeante s’impose de plus en plus dans les rapports internationaux comme dans les conversations de couloir : l’université africaine, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, forme‑t‑elle réellement des esprits critiques, capables de jugement, de contextualisation des savoirs et de responsabilité dans le réel, ou se contente‑t‑elle trop souvent de produire des diplômés qui maîtrisent l’art de la restitution académique ? C’est cette tension entre massification et formation intellectuelle que je voudrais interroger ici.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Quand la massification ne suffit pas</h2>				</div>
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									<p>Je fais partie de celles et ceux qui se réjouissent de voir les campus africains s’emplir. Dans de nombreux pays, on est passé d’un enseignement supérieur rare, concentré autour d’une université nationale, à un paysage plus diversifié avec des universités publiques et privées, des instituts technologiques, des écoles spécialisées. Les chiffres rassemblés par l’<a href="https://www.unesco.org/fr" target="_blank" rel="noopener">UNESCO</a> le confirment : la participation à l’enseignement supérieur en Afrique subsaharienne a été multipliée par plus de deux en deux décennies, même si la région reste celle où les taux d’inscription sont les plus faibles au monde.</p><p>Cette massification de l’enseignement supérieur en Afrique répond à des demandes immenses de mobilité sociale, d’employabilité des diplômés, de consolidation de l’État et de modernisation économique. Elle s’est toutefois réalisée dans un contexte très contraint : budgets limités, infrastructures parfois vétustes, explosion des effectifs, manque d’enseignants titulaires, accès inégal aux ressources numériques. En arrière‑plan, une pression politique diffuse pousse les universités à ouvrir toujours plus de places, à diplômer davantage, à « absorber » la jeunesse en quête de perspectives.</p><p>C’est là que naît une confusion subtile. Parce que l’accès à l’université africaine a longtemps été rare, le simple fait d’être diplômé reste perçu comme un signe fort de distinction intellectuelle. Or, ce qui pouvait être vrai dans des institutions élitistes, aux effectifs réduits, devient beaucoup plus incertain quand les systèmes sont massifiés, sous-financés, et que la pédagogie universitaire n’a pas été profondément repensée. D’où cette question, que l’on contourne souvent : un diplôme atteste d’un parcours. Il ne garantit pas, à lui seul, une formation intellectuelle robuste.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Diplômes et formation de l’esprit : une confusion entretenue</h2>				</div>
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									<p>Dire cela ne revient pas à dénigrer les étudiants ni à nier la valeur du diplôme. C’est rappeler que la formation intellectuelle au sens fort ne se réduit pas à la maîtrise d’un corpus de connaissances. Elle suppose l’apprentissage du doute, la capacité à problématiser une situation, à distinguer un fait d’un discours, à argumenter sans se cacher derrière l’autorité d’un texte ou la voix d’un enseignant.</p><p>Or, de nombreuses études sur l’enseignement supérieur en Afrique et sur l’employabilité des diplômés mettent en lumière un décalage entre ce que les universités certifient et ce que les employeurs, publics comme privés, attendent réellement. Du côté des entreprises, des ONG, des administrations, reviennent les mêmes observations : des diplômés solides sur les contenus théoriques, mais parfois démunis face à la complexité des situations, peu à l’aise avec la résolution de problèmes inédits, l’analyse critique de documents, l’argumentation étayée, la prise d’initiative.</p><p>Dans la littérature africaine, un concept prend de l’ampleur : celui de « graduateness ». Il désigne l’ensemble des attributs qu’un diplômé devrait posséder, au‑delà de sa spécialité : pensée critique, capacité de communication, créativité, sens de l’éthique et compréhension des enjeux sociaux. Selon cette perspective, un diplômé de l’enseignement supérieur en Afrique n’est pas seulement quelqu’un qui a validé un certain nombre d’unités d’enseignement ; c’est quelqu’un qui est capable de lire le réel, de l’analyser, de le mettre en perspective et, dans la mesure de ses responsabilités, d’agir sur lui.</p><p>Dans cet article, j’emploie volontairement le mot « intellectuel » dans ce sens modeste et exigeant à la fois. Non pas une figure distante, enfermée dans l’abstraction, mais une personne capable de jugement, de discernement, de contextualisation des savoirs. Tant que nous continuerons à confondre le diplôme avec cette forme d’« intellectuel de terrain », nous risquons de nous satisfaire d’indicateurs (taux de réussite, volumes de diplômés) qui en disent très peu sur la qualité réelle de la formation intellectuelle.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Université africaine amphithéatre</h2>				</div>
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									<p>Pour comprendre pourquoi tant de diplômés parviennent à répondre aux exigences académiques sans développer, toujours, une pensée réellement autonome, il faut ouvrir la boîte noire de la pédagogie universitaire. Dans beaucoup d’universités africaines, les rapports et les témoignages convergent : l’enseignement reste largement dominé par des cours magistraux, centrés sur la transmission descendante et préparant à des examens de restitution.</p><p>La scène est familière. Un amphithéâtre rempli, un enseignant face à deux cents ou trois cents étudiants, parfois davantage. Des diapositives projetées, un polycopié distribué à la hâte, des notes recopiées à toute vitesse. Le temps manque pour les questions, le débat, les mises en situation. L’objectif implicite devient l’acquisition d’un stock de connaissances à reproduire le jour de l’examen, plus que l’appropriation critique de ces savoirs.</p><p>Cette pédagogie de restitution n’est pas propre à l’enseignement supérieur en Afrique, mais elle y prend une forme particulièrement contraignante du fait de la massification, de l’insuffisance des bibliothèques, des difficultés d’accès à des ressources scientifiques actualisées, de la surcharge de travail des enseignants. Beaucoup d’entre eux doivent gérer un volume d’heures impressionnant, des charges administratives lourdes et, parfois, des obligations de recherche, sans disposer d’un véritable accompagnement pour transformer leur manière d’enseigner.</p><p>À cela s’ajoute un héritage historique bien documenté par les chercheurs africains : la reproduction, après les indépendances, de modèles curriculaires et institutionnels conçus ailleurs, souvent en Europe, dans des contextes économiques, sociaux et politiques très différents. Les universités africaines ont hérité d’une architecture disciplinaire, de référentiels de qualité, de modes d’évaluation qui n’ont pas toujours été radicalement re-questionnés. Résultat : l’étudiant apprend à exceller dans l’art d’habiter ces cadres importés, sans être forcément outillé pour les interroger.</p><p>Dans un tel environnement, la question n’est pas de savoir si les étudiants sont capables de pensée critique, beaucoup le sont, et le prouvent dès qu’un espace leur est offert, mais de reconnaître que le système ne les y invite pas suffisamment. Il valorise la conformité plus que la controverse argumentée, la bonne réponse plus que la démarche, la reproduction plus que la création.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Quand la pensée critique reste en sourdine</h2>				</div>
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									<p>Les effets de ce déficit de pensée critique ne se limitent pas au « chômage des diplômés ». Ils irriguent silencieusement la manière dont les organisations fonctionnent, dont les politiques publiques sont conçues, dont l’innovation africaine se déploie ou non.</p><p>Les études sur l’employabilité des diplômés montrent déjà l’ampleur du décalage entre l’offre de formation et les besoins des économies africaines. Dans certains pays, des auteurs parlent de « disharmonie totale » entre les curricula universitaires, la production de diplômés et les attentes du marché du travail. Les diplômés eux-mêmes expriment un sentiment de déclassement, de sous-utilisation de leurs compétences, de difficulté à transformer leurs savoirs académiques en gestes professionnels concrets.</p><p>Dans les administrations publiques, l’absence d’une culture solide de débat argumenté et de contextualisation des référentiels se ressent quand il s’agit de mettre en œuvre les grandes visions continentales, qu’il s’agisse d’Agenda 2063, des politiques éducatives ou des stratégies nationales d’innovation. Les plans circulent, les termes sont maîtrisés, mais la traduction dans des dispositifs ajustés aux réalités locales reste souvent fragile.</p><p>S’agissant de l’innovation africaine, de nombreux analystes soulignent que les universités du continent n’exploitent pas encore pleinement leur potentiel comme lieux de recherche appliquée, d’expérimentation et de développement de solutions endogènes. Là encore, le problème n’est pas l’absence de talents. Il tient plutôt au manque de formation à l’interdisciplinarité, à la prise de risque intellectuel, à la capacité de relier des savoirs académiques avec des savoirs issus du terrain.</p><p>Quand une université forme surtout à la conformité académique, elle produit des diplômés capables de « suivre la procédure », mais moins enclins à la remettre en question lorsque le réel en révèle les limites. À l’échelle d’une société, cela finit par peser lourd dans la manière dont on aborde les crises, les transitions, les choix collectifs.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">« Est ce pertinent ici ? » : la question oubliée</h2>				</div>
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									<p>Au cœur d’une véritable formation intellectuelle, il y a une question simple, presque enfantine : « est‑ce pertinent ici ? ». Ici, c’est une ville ou un village précis, un ministère, une entreprise familiale, un hôpital public, une start‑up numérique, une école rurale. C’est un tissu de contraintes, de ressources, de rapports de force.</p><p>Former à la pensée critique, ce n’est pas seulement apprendre aux étudiants à repérer les failles d’un argument ou les biais d’une statistique. C’est les habituer à situer ce qu’ils apprennent. Ce modèle de politique publique, conçu dans un pays du Nord, que devient‑il lorsqu’il rencontre des administrations sous-dotées, des systèmes d’information fragiles, des pratiques locales bien ancrées ? Cette technologie présentée comme la solution miracle à la crise éducative, est‑elle compatible avec nos infrastructures, nos usages, nos langues ?</p><p>Des philosophes et pédagogues africains ont montré combien l’université héritée de la période coloniale a contribué à marginaliser les langues africaines, les savoirs locaux, les logiques de pensée issues des sociétés du continent. Quand ces ressources ne trouvent pas place dans la pédagogie universitaire, la contextualisation des savoirs reste incantatoire. L’étudiant apprend des théories sur la gouvernance, le développement rural ou la santé publique, mais il dispose de peu d’occasions pour les confronter au terrain, aux acteurs, aux contradictions du réel.</p><p>L’Union africaine, dans Agenda 2063 et dans ses orientations pour l’éducation, insiste pourtant sur la nécessité de relier la production de connaissances, la recherche, la pédagogie universitaire et les priorités de développement du continent. La contextualisation n’est pas une option cosmétique ; elle est au centre de l’idée même d’une innovation africaine, capable de produire des réponses endogènes aux défis contemporains. Encore faut‑il que cette exigence descende jusqu’aux salles de cours, jusque dans la manière de concevoir un semestre, un module, une séance.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Pistes pour une université qui forme à penser</h2>				</div>
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									<p>Que faire, alors, si l’on prend au sérieux cette ambition de faire de l’enseignement supérieur en Afrique un espace de formation intellectuelle, et pas seulement une fabrique de diplômes ? Il n’existe pas de recette uniforme pour un continent aussi divers. Mais certaines pistes se dégagent des recherches, des expérimentations et, parfois, des expériences personnelles.</p><p>La première consiste à déplacer, autant que possible, le centre de gravité de l’enseignement, en introduisant davantage d’apprentissages actifs : études de cas ancrées dans des situations locales, projets de groupe, stages encadrés, ateliers de débat argumenté, travaux de recherche sur des problématiques du territoire. Là où ces approches ont été mises en œuvre, on observe des effets significatifs sur la confiance des étudiants, leur capacité de communication, leur aptitude à mobiliser la pensée critique pour résoudre des problèmes réels.</p><p>Une deuxième piste implique un rapprochement plus structuré entre université, monde économique et acteurs publics. Quand les programmes sont co‑construits avec des organisations, quand des professionnels interviennent de manière régulière, quand les mémoires de fin d’études s’appuient sur des problématiques concrètes, l’employabilité des diplômés s’améliore, mais surtout, leur formation intellectuelle gagne en épaisseur : ils apprennent à naviguer dans des environnements complexes, à arbitrer, à justifier leurs choix.</p><p>La troisième piste, plus silencieuse et pourtant décisive, tient au développement professionnel des enseignants. De nombreux travaux sur l’enseignement supérieur en Afrique pointent le manque de formation pédagogique des universitaires, la rareté des centres de soutien à la pédagogie universitaire, la faible reconnaissance institutionnelle des innovations en matière de pédagogie. On demande aux enseignants d’innover, d’intégrer le numérique, de renforcer la pédagogie universitaire, mais on leur consacre peu de temps, peu de ressources, peu d’espaces de réflexion pour y parvenir réellement.</p><p>Je mesure ce que cela change lorsqu’un tel espace existe. Quand j’étais ingénieur multimédia à l’université de Tours, j’ai travaillé au sein du Centre d’Accompagnement à la Pédagogie pour les Enseignants (CAPE), une structure composée d’une cellule d’ingénierie pédagogique, d’une cellule de production multimédia que je dirigeais, d’une cellule qualité et d’une cellule dédiée à l’orientation et à l’insertion professionnelle. Le CAPE n’était pas une vitrine administrative, mais un lieu où les enseignants venaient avec de vraies questions : comment clarifier les objectifs d’un cours, comment structurer un semestre, comment passer d’un examen purement mémoriel à une évaluation qui mobilise la pensée critique et l’argumentation ?</p><p>Concrètement, cela signifiait s’asseoir ensemble, reprendre un syllabus ligne à ligne, expliciter les objectifs de formation intellectuelle, imaginer des activités en cohérence, concevoir des supports multimédias au service de ces objectifs, accompagner la transition vers des formes d’évaluation plus formatives. La cellule qualité apportait des données issues d’enquêtes auprès des étudiants, des taux de réussite, des retours sur l’expérience d’apprentissage. La cellule d’orientation professionnelle rappelait en permanence une question simple : à quoi cela prépare‑t‑il concrètement les étudiants, en termes d’employabilité des diplômés et de capacité à agir dans le réel ?</p><p>Je ne cite pas cette expérience pour ériger Tours en modèle, mais pour montrer ce que change, très concrètement, l’existence d’un centre d’appui à la pédagogie des enseignants. Un CAPE ne dicte pas aux enseignants ce qu’ils doivent faire ; il les aide à traduire des intentions souvent très nobles, comme « former des esprits critiques » en choix pédagogiques concrets : scénarisation, activités, critères d’évaluation.</p><p>Transposée aux contextes africains, une telle logique ne peut évidemment pas être copiée à l’identique. Mais l’idée est forte : si l’on veut que la pédagogie universitaire en Afrique accompagne réellement la formation intellectuelle, il faut investir dans des structures de soutien (centres de pédagogie universitaire, cellules d’ingénierie, équipes mixtes enseignants/ingénieurs) adaptées aux réalités locales. Sans ce type de dispositifs, la transformation restera confinée à quelques individus pionniers ; avec eux, elle peut devenir un mouvement institutionnel, assumé, pérenne.</p><p>Enfin, une quatrième piste touche à la différenciation des missions au sein de l’enseignement supérieur en Afrique. Plusieurs observateurs appellent à soutenir l’émergence d’universités de recherche fortes, en lien avec des centres d’excellence, tout en consolidant des institutions plus professionnalisantes, des universités de proximité, des instituts technologiques, chacun assumant une contribution spécifique à la formation intellectuelle et à l’innovation africaine. Là encore, l’enjeu n’est pas d’imiter un modèle occidental, mais de composer un paysage cohérent avec les priorités d’Agenda 2063 et les contraintes des systèmes nationaux.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Pour une promesse prise au sérieux</h2>				</div>
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									<p>Dire que le système universitaire africain produit des diplômés mais encore trop peu d’intellectuels, au sens d’esprits capables de jugement et de contextualisation, n’est pas une manière de rabaisser celles et ceux qui, chaque année, obtiennent leur diplôme après des années d’efforts. C’est, au contraire, prendre au sérieux la promesse que ce diplôme est censé porter : la promesse d’une formation intellectuelle digne de ce nom.</p><p>La massification de l’enseignement supérieur en Afrique est une conquête irréversible. La question n’est plus de savoir s’il fallait ouvrir les portes, mais ce que nous décidons de faire, pédagogiquement et institutionnellement, de ces portes désormais ouvertes. Si nous acceptons de déplacer notre regard des seuls indicateurs quantitatifs vers les conditions concrètes de la formation intellectuelle et de la pensée critique, alors l’université africaine peut devenir autre chose qu’une instance de certification.</p><p>Elle peut redevenir ce qu’elle aurait toujours dû être : un lieu où l’on apprend à penser, à douter, à contextualiser, à relier, à inventer, à exercer un jugement responsable. Un lieu où la pédagogie universitaire ne se contente pas d’organiser la restitution, mais accompagne la formation d’intellectuels de terrain, capables de tenir debout dans le réel, sans renoncer à l’exigence.</p><p>C’est, à mes yeux, le véritable enjeu de l’université africaine aujourd’hui : non pas produire toujours plus de titres, mais tenir la promesse de former des esprits critiques à la hauteur des défis du continent.</p><p><strong><em>Article signé : Steeve Nguema Obame</em></strong></p>								</div>
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		<item>
		<title>Mbarga Tsogo, un patriarche de la noble lignée Banë</title>
		<link>https://savoirfairekang.com/mbarga-tsogo-portrait-dun-patriarche-de-la-noble-lignee-bane/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=mbarga-tsogo-portrait-dun-patriarche-de-la-noble-lignee-bane</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ekang]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Apr 2026 20:02:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire et Anthropologie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://savoirfairekang.com/?p=29876</guid>

					<description><![CDATA[<p>Figure importante de l’histoire Bënë au Cameroun, Mbarga Tsogo n’a pas seulement fondé une descendance prolifique. </p>
<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/mbarga-tsogo-portrait-dun-patriarche-de-la-noble-lignee-bane/">Mbarga Tsogo, un patriarche de la noble lignée Banë</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="29876" class="elementor elementor-29876" data-elementor-post-type="post">
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									<p>Figure importante de l’histoire <a href="https://savoirfairekang.com/la-migration-des-bene-et-des-mvog-belinga/" target="_blank" rel="noopener">Bënë </a>au Cameroun, <strong>Mbarga Tsogo</strong> n’a pas seulement fondé une descendance prolifique. Entre exode territorial et sens aigu de la fraternité, son héritage façonne encore aujourd’hui l&rsquo;identité des Mvog (clans) de l’ancien pays Bënë/Banë. Voyage au cœur d&rsquo;une épopée familiale et fondatrice.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">De Nkomo à Abang : Le destin d’un chef empathique</h2>				</div>
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									<p>L’histoire de Mbarga Tsogo (communément appelé MBATSOGO) s’inscrit d’abord dans une lignée de prestige. Il est le quatrième fils de <strong>Nnë Bodo</strong>, illustre figure connue sous le nom d’Owono Kodé, le père des Bënë, et de sa seconde épouse Ndzie Manga. Il serait né vers <strong>1735</strong>.</p><p>Sa fratrie se compose de :</p><ul><li>Belinga Amombo Kunu (l’aîné) ;</li><li>Manga Amombo Kunu (décédé avant la traversée de la Sanaga) ;</li><li>Owono Tsogo ;</li><li>Lui-même, Mbarga Tsogo ;</li><li>Ses petits frères Man Zë, Ndi Mbi et Manga Amombo Ndzié (ces deux derniers étant jumeaux).</li></ul><p>À la suite du décès de son père à Nkomo, entouré de ses épouses, de ses enfants, de ses serviteurs et de ses alliés, Mbarga Tsogo quitte les terres paternelles pour s&rsquo;établir à Abang. Situé dans l&rsquo;actuelle commune de Mbankomo (département de la Mefou-et-Akono), ce territoire devient le nouveau berceau de son influence.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Les quinze piliers : Une descendance fondatrice de clans</h2>				</div>
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									<p>Le patriarche Mbarga Tsogo fut le père de quinze fils, dont quatre issus de son union avec Baana Wali, une noble <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ewondo_(peuple)" target="_blank" rel="noopener">Ewondo </a>née vers 1743. Sa progéniture constitue l’ossature même de l’organisation sociale d’une grande famille s’étendant dans plusieurs départements de la région du Centre du Cameroun, chaque fils étant le fondateur d’un Mvog (lignage) :</p><ol><li><strong>Mba Ekidi</strong> (fondateur des <strong>Mvog Mba</strong>)</li><li><a href="https://savoirfairekang.com/mvog-amougou-descendants-damougou-baana/" target="_blank" rel="noopener"><strong>Amougou Bana</strong></a> (fondateur des <strong>Mvog Amougou</strong>)</li><li><strong>Zang Mengoumou</strong> (fondateur des <strong>Mvog Zang</strong>)</li><li><strong>Mbarga Baana</strong> dit Nnom Kabada (fondateur des <strong>Mvog Nnomo</strong>)</li><li><strong>Zambo Baana</strong> dit Evoundou Baana (fondateur des <strong>Mvog Evoundou</strong>)</li><li><strong>Owono Ndzouli</strong> (fondateur des <strong>Mvog Ndzuli</strong>)</li><li><strong>Mbaa Enembe</strong></li><li><strong>Zambo Melounou</strong> (fondateur des <strong>Mvog Zambo</strong>)</li><li><strong>Evini Melounou</strong> (fondateur des <strong>Mvog Evini</strong>)</li><li><strong>Essissima Nkoa</strong> (fondateur des <strong>Mvog Essissima</strong>)</li><li><strong>Zouga Engodo</strong> (fondateur des <strong>Mvog Zuga</strong>)</li><li><strong>Nguema Endo</strong> (fondateur des <strong>Mvog Nguema</strong>)</li><li><strong>Koda/Kwoda</strong> (fondateur des <strong>Mvog Koda</strong>)</li><li><strong>Tsimi Tondo</strong> , mort sans enfant</li><li><strong>Mbarsama</strong> = ? Mbarga Duma (Mbarga Ndumba?) Mort également sans enfant ?</li></ol>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Le drame des héritiers : Le sauvetage de Manga Amombo Ndzié</h2>				</div>
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									<p>L’histoire de Mbarga Tsogo est également marquée par un acte de bravoure morale. Après la mort du patriarche Nnë Bodo, le partage des biens, incluant la tutelle des veuves et des enfants mineurs, s’opère selon la tradition.</p><p>Manga Amombo Ndzie et Ndi Mbi, les jumeaux laissés en bas âge par le défunt, sont alors confiés à leurs frères aînés. Tandis que Ndi Mbi rejoint Owono Tsogo, Manga Amombo tombe sous la coupe de Man Zë.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">L'ombre de la tyrannie</h2>				</div>
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									<p>Loin de la bienveillance fraternelle, Man Zë réduit son jeune frère à une condition servile. Manga Amombo est condamné aux corvées les plus rudes, les seules qui incombent d’ordinaire aux serviteurs : récolter le vin de palme, chercher le bois de chauffage, construire des cases et chasser sans relâche. Pour Man Zë, son frère n&rsquo;est plus un homme, mais un <em>« akut ndzom »</em>, c’est-à-dire un abruti, un objet sans valeur.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">L'intervention du patriarche Mbarga Tsogo</h2>				</div>
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									<p>Un jour, Mbarga Tsogo vint visiter les deux frères, Man Zë et Manga Amombo. À son arrivée, il interrogea Man Zë sur ce dernier, qu’il ne voyait pas. Le tyran répondit : <em>« Tu me poses des questions sur un vaurien : c’est un abruti (akut ndzom) qui ne vit que dans les bois. Tu verras bientôt cet objet. »</em></p><p>Quand vint le moment de dîner, Mbarga Tsogo demanda de nouveau où était Manga Amombo. Man Zë lui répondit ingénument : <em>« Occupe-toi de manger d’abord ; je t’ai dit que tu le verras. »</em> Ces paroles affligèrent le cœur de Mbarga Tsogo, qui ne pouvait souffrir d’entendre Man Zë appeler son propre frère <em>« cette chose »</em>.</p><p>Peu après apparut au bout du village un homme à l’extérieur négligé. Il portait, suspendues à chaque épaule, deux calebasses de vin de palme. Il alla en déposer une dans une case et vint poser l’autre avec respect devant Man Zë. Puis il se retira et gagna la dernière place, au fond de la maison, son coupe-coupe à la main, adoptant l’attitude des esclaves à l’égard de leur maître. C’était Manga Amombo : les cheveux en désordre et l’extérieur si négligé qu&rsquo;il aurait aisément pris place parmi les derniers des esclaves.</p><p>Une troisième fois, Mbarga Tsogo interrogea : <em>« Quand aurai-je l’honneur de voir Manga Amombo ? »</em></p><p>Man Zë riposta avec dédain : <em>« Ne t’ai-je pas dit que tu verras cet abruti ? Le voilà qui se tient au fond de la maison ; penses-tu qu’il est raisonnable de saluer quelqu’un de sa condition ? »</em></p><p>À ces mots, Mbarga Tsogo se leva et reprocha à Man Zë sa conduite :</p><p><em>« Notre père est mort et a laissé des enfants en bas âge ; on les a confiés à toi et à Owono Tsogo pour les élever dignement. Tu sais, d’ailleurs, que notre père avait beaucoup confié ses rites sacrés à ses enfants, surtout à celui-ci, Manga Amombo, qui a été investi par notre père de certains pouvoirs (magiques, ndlr). Maintenant, tu en as fait un esclave qui te recueille le vin de palme et que sais-je encore. Adieu ! Voilà ta sale nourriture ! »</em></p><p>Ce disant, il jeta la nourriture par terre et ajouta : <em>« J’emmène mon frère. »</em> Sans rien dire de plus, il repartit chez lui avec Manga Amombo. Il lui donna une de ses femmes, nommée <strong>Ovah Bino</strong>, quatre esclaves, et lui construisit un village à <strong>Ndzendzaala</strong> (Nkolmeyang), en lui recommandant de rivaliser d’activité avec ses égaux.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Manga Amombo Ndzié encadré par son frère</h2>				</div>
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									<p>Sous l&rsquo;aile de son frère, Manga Amombo se révéla être un travailleur acharné, excellant dans la culture de l’igname et la chasse à l&rsquo;éléphant, rivalisant ainsi avec ses pairs. Quant à Mbarga Tsogo, son parcours l&rsquo;aura mené de Bitokok où il a séjourné, Bitokok se situant entre Nkomo et Ngona, avant de s&rsquo;ancrer définitivement à Abang, sur le territoire des Omvang et des Mvele.</p><p>L’histoire du Patriarche Mbarga Tsogo nous enseigne que la grandeur d&rsquo;un chef ne réside pas seulement dans sa conquête territoriale, mais dans sa capacité à restaurer la dignité des siens.</p>								</div>
				</div>
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				<div class="elementor-widget-container">
									<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Sources consultées</span> :</strong></p><ul><li><em>La formation de la race Bané</em>, par André Amougou, Chef de Groupement et Doyen Bané.</li><li><em>Les seigneurs de la forêt</em>, Philippe Laburthe-Tolra (Pages 143 à 148).</li><li><em>Le tombeau du soleil, Philippe Laburthe-Tolra</em></li></ul>								</div>
				</div>
					</div>
				</div>
				</div>
		<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/mbarga-tsogo-portrait-dun-patriarche-de-la-noble-lignee-bane/">Mbarga Tsogo, un patriarche de la noble lignée Banë</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’histoire du Maître-Mvett Owona Apollinaire</title>
		<link>https://savoirfairekang.com/mbom-mvett-owona-apollinaire-son-histoire/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=mbom-mvett-owona-apollinaire-son-histoire</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ekang]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 20:57:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Mvet Ekang]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://savoirfairekang.com/?p=27503</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Mbom-Mvett Owona Apollinaire, surnommé Owon’Appolé ou « Apolle », était Engoe (en Ewondo), Ingui (en Ntumu) de Minkan 1. </p>
<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/mbom-mvett-owona-apollinaire-son-histoire/">L’histoire du Maître-Mvett Owona Apollinaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="27503" class="elementor elementor-27503" data-elementor-post-type="post">
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				<div class="elementor-widget-container">
									<p>Le Mbom Mvett<strong> Owona Apollinaire</strong>, surnommé Owon’Appolé ou « Apolle », était Engoe (en Ewondo), Ingui (en Ntumu) de Minkan 1. Les Engoe sont une ethnie de la famille Ntumu dont la communauté est installée dans les localités de Minkan et Bikoe Si, à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mvengue" target="_blank" rel="noopener">Mvengue</a>, une collectivité du département de l’Océan dans la région du Sud, au Cameroun.</p><p>La communauté Engoe/Ingui a pour ancêtre et fondateur <strong>ONAH NGANDEMBE</strong>, qui aurait effectué une marche en sens inverse du mouvement migratoire des Fang Beti, depuis la boucle du Ntem, dans la région des Trois Frontières, tandis que les autres membres ont poursuivi le mouvement dans diverses directions : Gabon, Congo, Guinée équatoriale. On retrouve donc les Engoue au Cameroun, au Gabon, en Guinée équatoriale et au Congo.</p><p>Apolle avait trois épouses : une Evuzock de Nsola (clan Mvog Ndima), une Kombe et une Otoloa.</p>								</div>
				</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Un artiste au rayonnement local… et au-delà</h2>				</div>
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									<p>Le Mbom Mvett Owona Apollinaire se produisait régulièrement dans le pays Evuzock dans sa belle-famille. C’est à Evuzock qu’il fit la connaissance d’Européens, dont Pascal Boyer, chercheur à l’Université de Paris X, venu chez lui pour apprendre le genre littéraire <a href="https://savoirfairekang.com/cest-quoi-le-mvett-ekang/" target="_blank" rel="noopener">Mvett</a>. Avec Apolle, ils sont allés rencontrer d’autres joueurs de Mvett, et Pascal Boyer écrivit un livre sur ce sujet.</p><p>Le Mbom Mvett Apolle faisait également des prestations régulières du côté de Ngomedzap, au centre-ville, au niveau du bâtiment du tribunal coutumier de l’époque (il y a 60 ans). Il était si populaire qu’il avait été sollicité pour aller donner un concert de Mvet au Canada.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Une photo d’archive : Evuzok, 1968</h2>				</div>
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									<p>La photo d’illustration est celle du Mbom Mvett Owona Apollinaire. Cette photo est signée Xavier Miserachs. Elle a été prise dans le pays Evuzok en 1968 <em>(Xavier Miserachs, 1968)</em>. Elle provient du livre <em>Un cant èpic africà</em>, de Lluís Mallart Guimerà.</p>								</div>
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															<img loading="lazy" decoding="async" width="510" height="580" src="https://savoirfairekang.com/wp-content/uploads/2026/02/Mbom-Mvett-Owona-Apollinaire-photo-authentique.jpg" class="attachment-large size-large wp-image-27505" alt="Mbom Mvett Owona Apollinaire photo authentique" srcset="https://savoirfairekang.com/wp-content/uploads/2026/02/Mbom-Mvett-Owona-Apollinaire-photo-authentique.jpg 510w, https://savoirfairekang.com/wp-content/uploads/2026/02/Mbom-Mvett-Owona-Apollinaire-photo-authentique-264x300.jpg 264w" sizes="(max-width: 510px) 100vw, 510px" />															</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Le Mvett d’Apolle : lignée initiatique et ancrage dans son époque</h2>				</div>
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									<p>Dans son Mvett, Apolle dit qu’il est fils (mone) de <strong>Sima</strong>, lui-même fils de <strong>Ndong</strong>, et que <strong>Ekpaa</strong>, également, est fils de Ndong. D’après l’un de nos abonnés, Sima serait l’ancêtre de la famille Sima de Melondò (les Mvog Sima), au sein des <em>Mvog Ngònò</em>, l’une des composantes du peuple Evuzock.</p><p>Apolle récitait d’un trait tous les groupes ethniques (meyoń) du Cameroun, jusqu’au nombre de 89 <em>(source : Lluis Mallart)</em>.</p><p>Selon Mallart, Owona Apollinaire chantait son mvett en faisant des allusions à des personnes et à des évènements de son temps. Dans son introduction, il mentionne le Président Ahidjo ainsi que John Ngu Foncha, <em>Président du Cameroun anglophone </em>(Cameroun fédéral de 1961), ainsi que tous les « départements » du nouveau Cameroun (République unie du Cameroun,1972).</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">L’initiation d’Apolle</h2>				</div>
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									<p>Selon le témoignage d’un de nos abonnés, Appolle jouait régulièrement à Nsola et se produisait presque dans tous les hameaux du groupement Evuzock.</p><p>Il aurait été initié en Guinée Équatoriale, bien que cet élément reste à confirmer.</p><p>Durant cette initiation, il aurait trompé son Maître.</p><p>Il racontait lui-même qu’une des étapes du rite consistait à avaler la tête d’un coq 🐔 dont la tête venait d’être tranchée à l’aide des doigts.</p><p>Selon lui, cet acte lui aurait donné la voix particulière qu’on lui connaissait.</p><p>Après avoir avalé cette tête, il devait ensuite consommer un repas initiatique préparé dans une marmite en argile.</p><p>L’étape finale de ce rituel consistait à accomplir un sacrifice.</p><p>Alors qu’il était arrivé à la sixième cuillère du repas, et qu’il en restait encore trois à prendre, il lui fut demandé de procéder à un sacrifice pour clôturer son initiation. On lui demanda quel sacrifice il voudrait faire.</p><p>Il répondit qu’il donnait son Maître en sacrifice.</p><p>Il ramassa alors la marmite et s’enfuit en direction d’Ambam.</p><p>Selon le récit, c’est son Maître qui mourut.</p><p>Cette histoire, il l’avait racontée à mon défunt père.</p><p>J&rsquo;ai bien connu Appolle. Il m&rsquo;arrivait même d&rsquo;aller passer les vacances chez lui.</p><p>Je l’ai accompagné une fois lors d’une invitation du côté de Ngomedzap où il devait jouer. Ce jour-là, je lui portais son Mvett. Déjà Appolle ne traversait jamais un cours d’eau avec le Mvett.</p><p><strong><em>Luis Felipe Onana Etoundi (témoignage)</em></strong></p><p> </p>								</div>
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									<p><strong><u>Contributeurs à cet article sur le Mbom Mvett Owona Apollinaire</u></strong></p><p>— Luis Felipe Onana Etoundi</p><p>— Association Conscience Camerounaise <br />— Les abonnés de la page Facebook Savoir-Faire Ekang</p><p> </p><p><strong><u>Notes de référence</u></strong></p><p>— « LE MVET DE ZWÈ NGUÉMA », <em>Lluis Mallart Guimerà</em>, publié in Journal des Africanistes, tome 79, fascicule 1, p. 209-240<br />— Casafrica.es, publié en fang et avec une traduction française par les Classiques Africains (Armand Colin)</p>								</div>
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		<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/mbom-mvett-owona-apollinaire-son-histoire/">L’histoire du Maître-Mvett Owona Apollinaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’histoire d’Akoma Mba, le chef suprême d’Engong</title>
		<link>https://savoirfairekang.com/akoma-mba-le-chef-supreme-dengong/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=akoma-mba-le-chef-supreme-dengong</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ekang]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Feb 2026 20:35:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Mvet Ekang]]></category>
		<category><![CDATA[mvett]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’univers narratif des récits du Mvett tourne autour d'Akoma Mba, un immortel, grand chef d’Engong, la planète où vivent les Ekang. </p>
<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/akoma-mba-le-chef-supreme-dengong/">L’histoire d’Akoma Mba, le chef suprême d’Engong</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="26359" class="elementor elementor-26359" data-elementor-post-type="post">
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				Table des matières			</h4>
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									<p>L’univers narratif des récits du <a href="https://savoirfairekang.com/cest-quoi-le-mvett-ekang/" target="_blank" rel="noopener">Mvett </a>tourne autour d’une figure fascinante et ambivalente : <strong>Akoma Mba</strong>, un immortel, grand chef d’Engong, la planète où vivent les <a href="https://savoirfairekang.com/que-veut-dire-ekang/" target="_blank" rel="noopener">Ekang</a>. Dépeint comme un héros violent et redouté, il est le produit de circonstances extraordinaires, marquées par une origine pour le moins atypique.</p><p>Akoma Mba naît d’une union incestueuse entre <strong>Bala Mendjii</strong> (Bela Mindzi chez les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fang_(peuple)" target="_blank" rel="noopener">Fang</a>), sa mère, et son propre frère <strong>Biwo-Bikub-Ndongo</strong> (certains joueurs de Mvett, chez les Fang, parlent plutôt d’un de ses frères nommé <strong>Nkoum Abang Medzang</strong>, de la tribu Bekuègn). Cet épisode fondateur, aussi troublant que singulier, façonne déjà son destin.</p><p>Bala Mendjii porte cet enfant exceptionnel durant cent cinquante ans<strong> (150 ans)</strong> : une gestation qui dépasse l’entendement humain. Un jour, l’enfant fait entendre sa voix depuis le ventre de sa mère, réclamant sa liberté. Akoma Mba déchire alors le ventre de Bala Mendjii jusqu’au nombril pour surgir au monde, sautant à terre avec une autorité innée. Dans une manifestation spectaculaire de ses dons surnaturels, il crache sur sa main, frappe le ventre de sa mère et referme immédiatement la déchirure.</p><p>À sa naissance, il porte un ceinturon de fer autour de la taille, un collier en or autour du cou et quatre lances à la main. On l’appelle <strong>« </strong>Nsem Dzingi<strong> »</strong>, c’est-à-dire <em>celui que le péché a aimé</em>, en souvenir de sa conception incestueuse.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Un enfant redouté et un jeune homme tumultueux</h2>				</div>
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									<p>Lorsque Mba Evini, petit-fils du patriarche Ekang Nna, demande Bala Mendjii, la mère d’Akoma Mba, en mariage, Akoma Mba est déjà un adolescent imposant. Connu pour sa brutalité, il terrorise son entourage. Les Yemesomo, pour se débarrasser de cet enfant redoutable, l’offrent à Mba Evini en même temps que la main de sa mère.</p><p>Mba Evini le surnomme <strong>Mbod Zo’o Mba</strong>, ce qui signifie <em>« Ride d’éléphant, fils de Mba »</em>. Mais le jeune homme, loin de se conformer à ce que l’on attend de lui, s’impose avec une violence inégalée : il maltraite ses frères, en tue certains et plonge ses parents dans une détresse profonde. On le surnomme alors <strong>Akoma Mba</strong>, ou <em>« le Créateur de Mba »</em>. Il est tellement puissant que, bien qu’il soit le fils adoptif de Mba, sa force donne l’impression qu’il est en réalité le géniteur de son propre père.</p><p>Auparavant, on l’appelait <strong>Mborzok Bela Mindzi</strong>. Puis il annonce qu’il n’est plus un gamin, interdit qu’on l’appelle ainsi, et déclare qu’il se nomme désormais : <em>Akoma Mba, Biyang Bi Mba, Engoungou Mba, Mindougou, Ekoko Nsong, Bizo Bi Minafann, provocateur de palabres, l’homme aux initiatives, neveu de la tribu des singes, gendre de la tribu des éperviers.</em></p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">L’ascension d’un chef absolu</h2>				</div>
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									<p>Les annales de la jeunesse d’Akoma Mba sont jalonnées d’exploits extraordinaires. Animé par une ambition sans limites, il rêve de devenir le chef incontesté des Ekang qui vivent à Engong et où il se trouve plusieurs clans. Akoma Mba fait partie du clan MBA. Il orchestre un complot élaboré et engage une lutte titanesque contre <strong>Okut Emgbanga</strong>, souverain d’Esong-Alen. Après une confrontation épique, il triomphe, l’égorge et s’empare du pouvoir.</p><p>Devenu chef à Engong qui était le village créé par son père Mba Evini Ekang, il incarne une autorité absolue et un pragmatisme impitoyable. Son credo : la force est la seule loi. Une formule résume sa philosophie : <strong>« Lorsqu’Akoma a jeté une parole à terre, personne d’autre ne peut la ramasser. »</strong> Ce despotisme brutal assoit son règne.</p>								</div>
				</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">L’initiation</h2>				</div>
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									<p>Akoma Mba est initié par son grand-père maternel <strong>Mindzi Mi Ndong</strong> (le père de sa mère) à l’insu de Mba Evini Ekang, le mari de sa mère qui est son beau-père. On ignore pourquoi Mindzi Mi Ndong pousse l’initiation d’Akoma Mba si loin, au point d’en faire une puissance : il n’est plus un être humain.</p><p>Lorsque Mba Evini Ekang constate ce que son beau-père a fait, il n’en est pas déçu : il se dit que si lui est un homme puissant, son fils doit être encore plus puissant. Pour cela, il initie Akoma Mba une deuxième fois, complétant le travail entrepris par son beau-père. Akoma Mba devient alors <strong>celui dont le danger n’ose approcher</strong>.</p><p>Akoma Mba est initié une troisième fois chez les oncles maternels de <strong>Medza M’otougou</strong>, né le même jour que lui et qui est son cousin. Nnang Ndong, l’oncle maternel de Medza M’otougou, grand initié de son état, initie Akoma Mba et Medza M’otougou le même jour, à la demande de Medza M’otougou. Il demande à chacun de manger un fétiche : Medza M’otougou choisit le fétiche de la richesse et de la vie ; Akoma Mba, quant à lui, choisit le fétiche de la puissance (<em>audace, méchanceté et orgueil)</em> et de la vie.</p><p>Poussé par son instinct de domination et d’asservissement, Akoma Mba entreprend alors une œuvre gigantesque : pacifier l’humanité pour la soumettre à son seul pouvoir.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Vie maritale</h2>				</div>
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									<p>On rapporte que les femmes n’ont jamais été une préoccupation pour Akoma Mba. Il a épousé 17 femmes et rempli son devoir conjugal simplement parce que c’était une fonction sociale qu’il devait accomplir. Pour lui, tomber amoureux d’une femme est la pire des malédictions qui puisse lui arriver, car il considère que l’amour est une émotion de faiblesse.</p><p>Il trouve stupides ces hommes qui s’acharnent frénétiquement sur les pauvres femmes et deviennent, à la fin, vulnérables. Or, pour lui, <strong>un homme vulnérable est un homme mort</strong> et Akoma Mba, lui, ne doit pas mourir.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">L’accession à l’immortalité</h2>				</div>
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									<p>Sentant sa fin approcher, <strong>Mba Evini Ekang</strong> fit appeler deux de ses fils : <strong>Akoma Mba</strong> et <strong>Ondo Mba</strong>. Il s’adressa d’abord à Akoma Mba et lui annonça qu’Ondo Mba, présent à ses côtés, mettrait au monde un fils redoutable. Ce fils serait son premier enfant, et il aurait à jouer un rôle majeur parmi les descendants d’<strong>Ekang Nna</strong>. Mba Evini Ekang demanda alors à Akoma Mba de veiller sur cet enfant lorsque le moment viendrait.</p><p>L’enfant naquit et reçut le nom d’<strong>Engouang Ondo</strong>. Après son sevrage, Akoma Mba alla le chercher chez ses parents, en rappelant les recommandations de leur père, Mba Evini. Akoma Mba pensait en effet qu’un jour le vieillissement finirait par affaiblir son corps ; il souhaitait donc confier une part des responsabilités d’Engong au jeune Engouang Ondo, qu’il entreprit d’initier.</p><p>Plus tard, Engouang Ondo se jeta sur la mort : celle-ci n’eut même pas le temps de fuir. Elle vola en éclats, comme une boule de cristal. Engouang venait d’accomplir l’exploit le plus audacieux : <strong>il avait tué la mort</strong>, et même Akoma Mba n’en revenait pas. Il ne sut jamais comment Engouang Ondo s’y était pris pour réaliser un tel prodige.</p><p>Akoma Mba fit alors nommer Engouang Ondo <strong>chef des trois armées d’Engong</strong>, responsable de la sécurité. À peine investi de ses fonctions, Engouang annonça qu’il n’y aurait désormais <strong>plus jamais de décès à Engong</strong> parmi les descendants d’Ekang Nna, puisqu’il avait tué la mort.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Entre mythe et réalité : un symbole culturel</h2>				</div>
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									<p>Pour les Ekang, Akoma Mba dépasse le rôle d’un simple chef. Il devient une figure emblématique des tensions internes, des rivalités et des alliances qui modulent la vie communautaire. Les récits qui relatent ses exploits mêlent la légende au réel, reflétant une culture qui célèbre autant la force que la sagesse.</p><p>Akoma Mba, par son caractère excessif et sa quête incessante de pouvoir, incarne un équilibre fragile entre construction et destruction. Il est à la fois un avertissement et une inspiration, un miroir des aspirations et des contradictions humaines. Son histoire, riche en enseignements, reste une pièce majeure du patrimoine oral des Ekang et une source inépuisable de réflexion sur la nature du pouvoir et de l’identité collective.</p>								</div>
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									<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Notes de référence</strong></span></p><ul><li><strong>Le Mvet</strong>, genre majeur de la littérature orale des populations pahouines (Bulu, Beti, Fang-Ntumu) — <em>Gaspard Towo-Atangana</em>.</li><li><strong>Du Mvett</strong>, <a href="https://amzn.to/4ao5M8Y" target="_blank" rel="noopener"><em>Essai sur la dynastie d’Ekang Nna</em></a> — <em>Daniel Assoumou Ndoutoume</em>.</li></ul>								</div>
				</div>
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		<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/akoma-mba-le-chef-supreme-dengong/">L’histoire d’Akoma Mba, le chef suprême d’Engong</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Mon livre de coloriage Ekang : quand le coloriage devient un chemin vers la culture</title>
		<link>https://savoirfairekang.com/mon-livre-de-coloriage-ekang/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=mon-livre-de-coloriage-ekang</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ekang]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Jan 2026 18:31:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Découverte]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://savoirfairekang.com/?p=26310</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans les rayons de la littérature jeunesse africaine, un objet éditorial singulier fait son apparition : « Mon livre de coloriage Ekang»</p>
<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/mon-livre-de-coloriage-ekang/">Mon livre de coloriage Ekang : quand le coloriage devient un chemin vers la culture</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="26310" class="elementor elementor-26310" data-elementor-post-type="post">
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									<p>Dans les rayons de la littérature jeunesse africaine, un objet éditorial singulier fait son apparition : «<strong> Mon livre de coloriage Ekang – Culture, traditions et sagesse pour enfants de 6 à 8 ans</strong> », publié en français et en anglais par l’association Savoir-Faire Ekang. Derrière ses 100 pages en noir et blanc, ce n’est pas qu’un simple cahier de coloriage : c’est une tentative assumée de renouer très tôt le lien entre les enfants Ekang, en Afrique comme dans la diaspora, et un patrimoine culturel en voie de disparition.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Un livre né d’un manque… et d’une urgence</h2>				</div>
				</div>
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									<p>Créée en France en 2019, l’association Savoir-Faire Ekang s’est donnée pour mission de « lutter pour la sauvegarde et la restauration du patrimoine culturel du peuple Ekang ». Au fil des années, un constat s’impose : la quasi-absence de littérature Ekang destinée aux enfants, et plus encore aux enfants nés loin du village, dans des pays où leur culture n’est ni visible ni valorisée.</p>
<p>Beaucoup de familles de la diaspora le constatent :</p>
<ul>
<li>des enfants qui grandissent dans une autre langue, une autre histoire, et qui ne connaissent que très partiellement le pays de leurs parents ;</li>
<li>parallèlement, en Afrique centrale, nombre d’enfants sont eux aussi déconnectés de la vie au village, des rites, des récits, des valeurs qui structuraient autrefois l’éducation.</li>
</ul>
<p>C’est dans ce contexte qu’est né « Mon livre de coloriage Ekang » : un outil simple, ludique, mais pensé comme une porte d’entrée vers une identité.</p>								</div>
				</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">50 illustrations pour entrer dans l’univers Ekang</h2>				</div>
				</div>
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				<div class="elementor-widget-container">
									<p>Le livre rassemble 50 illustrations, imprimées sur 100 pages (dessins au recto uniquement), toutes accompagnées d’un court enseignement adapté aux enfants de 6 à 8 ans. La structure est clairement organisée en sections, chacune ouvrant un pan de la culture Ekang :</p>
<ul>
<li><strong>Section A – Animaux symboliques Ekang</strong><br />Panthère, éléphant, tortue… Des animaux qui ne sont pas que décoratifs : ils portent des significations et des qualités morales, expliquées aux enfants avec des mots simples.</li>
<li><strong>Section B – Musique &amp; fête</strong><br />Scènes de danse, instruments traditionnels, ambiance de célébration : l’occasion de montrer que la culture se vit autant qu’elle se raconte.</li>
<li><strong>Section C – Vie quotidienne, aliments &amp; objets</strong><br />Cases, ustensiles, aliments locaux, gestes de tous les jours : des images familières pour les parents, parfois totalement nouvelles pour les plus jeunes.</li>
<li><strong>Section D – Masques ekang</strong><br />Masques sacrés, notamment Fang Ngil et autres symboles forts, présentés avec leur fonction et leur rôle dans la communauté.</li>
<li><strong>Section E – Sagesse ekang en images</strong><br />Des scènes illustrées où l’enfant découvre des enseignements traditionnels mis à sa portée.</li>
<li><strong>Section F – Jeux &amp; découvertes</strong><br />Labyrinthe, « cherche et trouve », différences à repérer, mini-mots mêlés, mots à relier…<br />Chaque jeu reste ancré dans l’univers Ekang et comporte des éléments à colorier.</li>
<li><strong>Section G – Bonus / Scènes finales</strong><br />Des scènes plus larges qui synthétisent l’esprit du livre.</li>
</ul>
<p>Un mini-glossaire complète l’ensemble en fin d’ouvrage, avec une liste de mots en français–ekang ou en anglais–ekang, selon la version. Là encore, l’objectif est clair : familiariser l’enfant avec la langue autant qu’avec les images.</p>								</div>
				</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Un pont entre générations, loin des écrans</h2>				</div>
				</div>
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									<p>Le parti pris de Savoir-Faire Ekang est assumé : ce livre n’est pas pensé pour être utilisé uniquement en autonomie. L’association imagine avant tout des moments partagés <strong>parents–enfants</strong> : l’enfant découvre une scène, pose des questions, le parent complète, raconte un souvenir, explique un mot, une habitude du village…</p>
<p>En filigrane, le livre tente de recréer, sur la table du salon ou de la cuisine, ces instants autrefois vécus autour du feu, où les enfants étaient nourris de contes, de proverbes et d’histoires racontées par les anciens.</p>
<p>Les textes qui accompagnent chaque illustration sont volontairement courts, limpides, non violents, écrits dans un langage adapté aux lecteurs débutants. L’objectif est d’éveiller sans brusquer, de transmettre sans moraliser à l’excès.</p>								</div>
				</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">La morale comme fil rouge</h2>				</div>
				</div>
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				<div class="elementor-widget-container">
									<p>Parmi tous les thèmes possibles, l’équipe éditoriale a tenu à remettre au centre un mot parfois délaissé : la morale. Ne pas gaspiller la nourriture, saluer, dire merci, respecter les parents et les anciens, éviter les bagarres, aider les grands-parents… Autant de principes qui traversaient autrefois la vie quotidienne, à la maison comme à l’école, et qui ont peu à peu disparu des programmes comme des pratiques.</p>
<p>« Mon livre de coloriage Ekang » remet ces notions à hauteur d’enfant, dans des situations concrètes, sans ton moralisateur agressif. Les scènes invitent à la discussion :<br /><em>Pourquoi ce personnage aide-t-il sa grand-mère ? Pourquoi ce geste est-il important ?</em></p>
<p>En toile de fond, c’est toute une réflexion sur le savoir-être et le savoir-vivre qui est proposée.</p>								</div>
				</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Bilinguisme et enjeu de la diaspora</h2>				</div>
				</div>
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				<div class="elementor-widget-container">
									<p>Grande particularité de ce projet : le livre existe en version française et en version anglaise. Un point qui a immédiatement trouvé un écho chez de nombreuses familles Ekang établies dans des pays anglophones.</p>
<p>Jusqu’ici, les rares contenus disponibles sur la culture Ekang pour la jeunesse étaient presque exclusivement en français. Les parents de la diaspora anglophone devaient donc traduire eux-mêmes les ouvrages, au prix d’un temps et d’une énergie dont ils ne disposent pas toujours, avec le risque de voir l’enfant se désintéresser.</p>
<p>En proposant d’emblée une version anglaise, l’association répond à un besoin très concret : permettre aux enfants Ekang éparpillés dans le monde de se reconnecter à leur culture dans la langue qu’ils maîtrisent au quotidien.</p>								</div>
				</div>
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				<div class="elementor-widget-container">
					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Une esthétique soignée, loin des clichés</h2>				</div>
				</div>
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									<p>Sur le plan graphique, l’équipe a fait le choix d’un style proche du dessin animé, réalisé à l’aide d’outils d’intelligence artificielle puis retravaillé pour l’édition. Les traits sont clairs, les zones à colorier suffisamment larges pour les petites mains de 6 à 8 ans, sans renoncer aux détails qui nourrissent la curiosité.</p>
<p>Un soin particulier a été apporté à l’image de l’Afrique et du village Ekang : pas de traits grossiers, pas de vision misérabiliste ou exotisante, mais une esthétique valorisante, contemporaine, qui donne envie à l’enfant de se projeter dans ces personnages qui lui ressemblent.</p>
<p>Chaque page, y compris les pages de jeux, offre un espace de coloriage. Le geste créatif reste au centre de l’expérience.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Entre transmission culturelle et plaisir de loisir</h2>				</div>
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									<p>« Mon livre de coloriage Ekang » se situe à la croisée de plusieurs chemins :</p>
<ul>
<li><strong>Livre de coloriage de loisir</strong> : l’enfant joue, colorie, cherche, s’amuse.</li>
<li><strong>Outil de transmission culturelle</strong> : le livre raconte un peuple, une langue, des symboles, des valeurs.</li>
<li><strong>Support pédagogique potentiel</strong> : exploitable par des enseignants, éducateurs, animateurs en contexte scolaire ou périscolaire.</li>
</ul>
<p>S’il s’adresse d’abord aux enfants Ekang de la diaspora et aux enfants d’Afrique centrale, ses messages comme le respect des aînés, respect de la nature, valorisation de la famille, sens du code moral sont universels. L’ouvrage se veut aussi un pont culturel vers des enfants d’autres horizons, curieux de découvrir un autre monde que le leur.</p>								</div>
				</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Aimez votre culture… </h2>				</div>
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									<p>Au-delà des pages, c’est une philosophie que l’association Savoir-Faire Ekang propose aux familles :<br />« Aimez votre culture, elle vous permettra d’être connectée à vos ancêtres. »</p>
<p>Aux parents, le livre glisse en filigrane ce rappel :<br />« Une personne sans culture est comme un arbre sans racine. »</p>
<p>Aux éducateurs, il pose une question simple :<br />« Les contenus proposés aux enfants leur parlent-ils vraiment ? S’y reconnaissent-ils ? »</p>
<p>Et aux enfants qui ouvriront ce livre de coloriage pas tout à fait comme les autres, il murmure :<br />« En sachant d’où l’on vient, on est plus apte à savoir où l’on va. »</p>
<p><strong><em>Félix Atemengue, journaliste de la presse camerounaise.</em></strong></p>								</div>
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									<p>💶 Prix : <strong>7,99 € HT </strong>sur Amazon</p><p>📘 Commande la Version FRANCAISE ici : <a href="https://amzn.to/4b6f0HE" target="_blank" rel="noopener">https://amzn.to/4b6f0HE</a></p><p>📗 Commande la Version ANGLAISE ici: <a href="https://amzn.to/4pKW4CN" target="_blank" rel="noopener">https://amzn.to/4pKW4CN</a></p>								</div>
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		<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/mon-livre-de-coloriage-ekang/">Mon livre de coloriage Ekang : quand le coloriage devient un chemin vers la culture</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le Mvet Oyeng rejoint le patrimoine culturel immatériel de l’humanité</title>
		<link>https://savoirfairekang.com/mvet-oyeng-rejoint-le-patrimoine-culturel-immateriel-de-lhumanite/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=mvet-oyeng-rejoint-le-patrimoine-culturel-immateriel-de-lhumanite</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ekang]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Dec 2025 18:19:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Mvet Ekang]]></category>
		<category><![CDATA[mvett]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À New Delhi, l’UNESCO a inscrit le Mvet Oyeng sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. </p>
<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/mvet-oyeng-rejoint-le-patrimoine-culturel-immateriel-de-lhumanite/">Le Mvet Oyeng rejoint le patrimoine culturel immatériel de l’humanité</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="26257" class="elementor elementor-26257" data-elementor-post-type="post">
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									<p>À New Delhi, le 10 décembre 2025, la nouvelle a suscité une vive émotion au sein des communautés Ekang du Cameroun, du Gabon, de Guinée équatoriale et de République du Congo : leur harpe-cithare sacrée est portée au-devant de la scène mondiale. Réuni dans la capitale indienne à l’occasion de sa 20e session, le Comité intergouvernemental de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_des_Nations_unies_pour_l'%C3%A9ducation,_la_science_et_la_culture" target="_blank" rel="noopener">UNESCO</a> a inscrit le <strong>Mvet Oyeng</strong> sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Une consécration pour un art épique et musical majeur de la communauté <a href="https://savoirfairekang.com/que-veut-dire-ekang/" target="_blank" rel="noopener">Ekang</a>, et un moment fort pour les États respectifs.</p><p>Le dossier a en effet été présenté dans le cadre d’une initiative transfrontalière portée conjointement par le Gabon, le Cameroun et le Congo, avec une extension annoncée vers la Guinée équatoriale et Sao Tomé-et-Principe, autant de territoires où la communauté Ekang est présente et où se perpétue cette tradition.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Une tradition complète, où l’épopée se partage</h2>				</div>
				</div>
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									<p>Selon Tsira Ndong Ndoutoume, le <strong>mvet</strong> est un instrument d’une longueur variant entre 1 mètre et 1,30 mètre. Il est fabriqué à partir d’une tige de palmier raphia séché, sur laquelle sont détachées quatre lamelles disposées sur le dos, sans être libérées entièrement aux extrémités. Chaque extrémité est munie de quatre anneaux en liane qui enserrent chacune des lamelles et coulissent le long de la tige pour l’accord de l’instrument. Chaque lamelle est soigneusement travaillée au coureau pour garantir une surface lisse, et est équipée d’un anneau à chacune de ses extrémités. Au centre de la tige est fixé un chevalet en bois, doté de quatre entailles à une hauteur appropriée pour soutenir les lamelles. À l’extrémité opposée du chevalet, trois ou quatre calebasses évidées et séchées sont attachées, servant de caisse de résonance. Ainsi, l’instrument est constitué de huit cordes, chacune produisant des sonorités différentes selon une gamme complexe.</p><p>De nos jours, les lamelles de bambou sont souvent remplacées par des fils de fer, réputés pour leur résistance accrue. « <strong>Oyeng</strong> », quant à lui, est une désignation poétique pour l’instrument mvet, dérivée du terme <em>neng-dzang</em>, qui fait référence à une branche du palmier raphia ou du palmier bambou.</p>								</div>
				</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Une reconnaissance qui engage autant qu’elle honore</h2>				</div>
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									<p>L’inscription du Mvet Oyeng par l’UNESCO participe à la reconnaissance de sa profondeur et rappelle l’exigence de sa sauvegarde. Longtemps transmis par l’oralité, l’apprentissage pratique et les rites associés, cet art trouve aujourd’hui une visibilité nouvelle, à la hauteur de son rôle : dire l’histoire, relier les générations, porter la langue et maintenir vivant un imaginaire collectif.</p><p>À New Delhi, le 10 décembre 2025, ce n’est donc pas seulement une tradition qui a été distinguée : c’est aussi la voix des ancêtres qui ont œuvré afin que cet héritage se perpétue, et qui rejoint aujourd’hui officiellement le patrimoine commun de l’humanité.</p><p>« <em>C’est une victoire collective. Elle consacre non seulement le Mvet Oyeng, mais aussi toutes les communautés qui ont gardé vivante cette tradition à travers les générations. Cet acte fondamental vient couronner dix ans de travail, des nuits sans sommeil, des célébrations culturelles “Medzo Me y’Aba’a”, et des prises de risque sans fin</em> », a déclaré Venant Zue Ntougou, fondateur de l’ONG Génération Ekang, l’un des artisans de ce projet et invité à New Delhi.</p><p> </p><p><em><strong>Felix Atemengue</strong></em><br /><em>Journaliste, presse camerounaise pour le compte de Savoir-Faire Ekang</em></p>								</div>
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									<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Reportage de l&rsquo;UNESCO sur le Mvet Oyeng</strong></span></p>								</div>
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		<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/mvet-oyeng-rejoint-le-patrimoine-culturel-immateriel-de-lhumanite/">Le Mvet Oyeng rejoint le patrimoine culturel immatériel de l’humanité</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Qui sont les Esprits et les Génies dans les cultes africains selon la cosmologie Ekang ?</title>
		<link>https://savoirfairekang.com/cosmologie-ekang-les-esprits-et-les-genies/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=cosmologie-ekang-les-esprits-et-les-genies</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ekang]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Nov 2025 20:18:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture et Tradition]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://savoirfairekang.com/?p=26122</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans la cosmologie Ekang , le dialogue entre le visible et l'invisible se fait à travers deux types d’entités : les Esprits et les Génies.</p>
<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/cosmologie-ekang-les-esprits-et-les-genies/">Qui sont les Esprits et les Génies dans les cultes africains selon la cosmologie Ekang ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="26122" class="elementor elementor-26122" data-elementor-post-type="post">
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									<p>Dans les traditions spirituelles africaines, l’invisible n’est pas un monde distant, c’est un monde parallèle qui respire au même rythme que le nôtre. Tout, dans la nature comme dans la vie humaine, possède une force qui pense, écoute, répond ou agit. Chez les <a href="https://savoirfairekang.com/que-veut-dire-ekang/" target="_blank" rel="noopener">Ekang </a>, comme dans de nombreuses cultures africaines ce dialogue se fait à travers deux types d’entités majeures : les Esprits (<strong>Minsissim</strong>) et les Génies (<strong>Minkuk</strong>).</p>								</div>
				</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Les Esprits (Minsissim) ou la force vitale, entité consciente, intermédiaire du monde invisible</h2>				</div>
				</div>
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									<p>Un Esprit, appelé <strong>Nsisim</strong> (pluriel Minsissim) dans l’aire culturelle Ekang (et nommé ailleurs selon les régions : <em>mwenye roho</em>, <em>mvumbi</em>, <em>nkisi</em>, <em>alè</em>, <em>loa</em>, <em>loas</em>, etc.), est une entité immatérielle provenant du monde invisible.<br />Sa nature peut être multiple, il peut être :</p><ul><li>Un <strong>ancêtre</strong> ou Mvamba / Mvamba’a : un esprit humain désincarné qui continue d’accompagner les vivants du lignage.</li><li>Des <strong>forces de la nature </strong>: esprit de la rivière, du vent, de la forêt, du feu, de la terre ou de la foudre.</li><li>Une <strong>intelligence cosmique</strong> attachée à un lieu ou à une lignée.</li></ul><p>Les esprits bienveillants sont souvent considérés comme des intermédiaires entre les humains et la Source divine, le Dieu suprême étant généralement perçu comme trop éloigné pour être invoqué directement.</p><p><strong><u>Les Bekôn ou esprits dangereux</u></strong></p><p>Dans la tradition Ekang, il existe également des esprits de défunts revenus tourmenter les vivants, appelés Bekôn ou fantômes.</p><p>Les Bekôn :</p><ul><li>Sont considérés comme des ennemis des vivants,</li><li>Reviennent dans le but de tourmenter, provoquer, défier ou engager un combat spirituel avec les survivants d’un conflit ancien,</li><li>Et s’ils remportent ce combat invisible, ils arrachent la vie de l’adversaire vivant en lui prenant sa force vitale</li><li>Peuvent aussi se manifester sous la forme d’un animal, utilisant sa puissance pour venir se venger de leurs ennemis ou alors visiter leurs familles sous la forme masquée.</li></ul><p><strong> </strong></p><p><strong><u>Fonctions des esprits bienveillants dans la cosmologie Ekang</u></strong></p><p>Les esprits protecteurs et intercesseurs, eux, sont invoqués ou honorés dans les rites pour :</p><ul><li>Guider,</li><li>Protéger,</li><li>Avertir,</li><li>Bénir,</li><li>Guérir,</li><li>Ou transmettre la connaissance sacrée.</li></ul><p>Ils sont des messagers entre le visible et l’invisible, et leur présence se cultive à travers les rituels, les sacrifices et les offrandes.</p><p><strong><u>Exemples dans d’autres traditions africaines</u></strong></p><ul><li>Dans le vaudou du Dahomey : Dan, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mami_Wata" target="_blank" rel="noopener">Mami Wata</a> et Legba sont des esprits.</li><li>Dans les traditions congolaises : les bakisi sont les esprits des lieux (rivières, montagnes, arbres, etc.).</li></ul>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default"> Les Génies (Minkuk / Kôn Zamba)</h2>				</div>
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									<p>Un Génie, appelé <strong>Nkuk </strong>(pluriel Minkuk) ou <strong>Kôn Zamba</strong> chez les Ekang (et nommé dans d’autres pays : <em>djinn</em>, <em>nkisi a mpungu</em>, <em>bo</em>, <em>bo a mpungu</em>, <em>aziza</em>, etc.), est une force spirituelle ancienne, primordiale, liée aux éléments et distincte des ancêtres humains.</p><p>Les génies dans la cosmologie Ekang :</p><ul><li>Proviennent du monde élémentaire et primordial,</li><li>Sont des gardiens des forces naturelles,</li><li>Et tirent leur puissance directement des quatre éléments : Terre, Eau, Air et Feu.</li></ul><p>Il s’agit d’êtres élémentaires, parfois présentés comme des forces formatrices, capables de créer des formes dans la matière ou d’agir au seuil des mondes. Chez les Ekang, les Kôn Zamba (« fantômes de Dieu ») sont compris comme des forces créées par Zamba (Dieu créateur) pour habiter la nature et influer sur la vie des humains.</p><p><strong><u>Catégories de Génies chez les Ekang</u></strong></p><p>La cosmologie Ekang distingue plusieurs types de Minkuk ou Kôn Zamba :</p><ul><li>Les nains difformes vivant dans les grands arbres, chargés d’accueillir les défunts.<br />→ Leur chef est appelé <strong>Ebakuda</strong> ou <strong>Essama Ndzigi</strong>.</li><li>l’ogre humanoïde de la forêt d’<strong>Emomoto</strong> ou <a href="https://savoirfairekang.com/emomoro-la-legende-ekang-demumulumu-mba/" target="_blank" rel="noopener">Emomoro </a></li><li>Les lutins et épouvantails, génies furtifs du monde de l’ombre :<br />→ <strong>Bisiga, Bivuga</strong>.</li><li>Les géants terrifiants, puissances imposantes et redoutées :<br />→ le <strong>Koko</strong> (parfois décrit comme un géant couvert de vers luisants),<br />→ <strong>l’Ongelangela</strong>,<br />→ le <strong>Nnëmë</strong>.</li><li>Les génies de la chasse, inspirateurs et protecteurs des chasseurs initiés :<br />→ <strong>Nkuk Sa Ngoué</strong>.</li><li>Les génies des rivières, habitants des villages sous l’eau :<br />→ Lorsqu’ils sont en colère, ils noient ceux qui troublent leur territoire en déclenchant des tourbillons violents dans l’eau.</li><li>Les génies de la divination, qui s’incarnent dans la mygale appelée <strong>Ngam</strong>.</li><li>Les génies des grottes.</li><li>Les génies de la terre, vivant dans les terriers souterrains.</li></ul><p><strong><u>Dangers et rites de protection</u></strong></p><p>Pour protéger leurs villages, les Ekang procédaient à des rites tels que le <u>So</u>, afin de maintenir à distance les génies non domestiqués, trop puissants ou hostiles, car leur force peut représenter un danger mortel pour l’Homme.</p><p><strong><u>Les génies domestiqués et transmis par héritage</u></strong></p><p>La tradition évoque également l’existence de génies qui ont pu être domestiqués à travers des pactes par l’homme ou la femme initiée :</p><ul><li>Ils se manifestent parfois sous la forme d’animaux sauvages apprivoisés,</li><li>Sont téléguidés par leurs propriétaires,</li><li>Se transmettaient de parent à enfant (de père à enfant ou de mère à enfant),</li><li>Et agissaient alors comme des protecteurs spirituels de la famille et de la lignée.</li></ul><p><strong><u>Fonctions des génies dans la cosmologie Ekang</u></strong></p><ul><li>Gouverner les forces naturelles (pluie, orages, fertilité, volcans, etc.),</li><li>S’allier aux initiés, guérisseurs et devins,</li><li>Être rencontrés ou contractés lors des pactes ou initiations spirituelles,</li><li>Ou encore offrir des dons, du pouvoir ou une protection spécifique au-delà de l’humain visible.</li></ul>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">En conclusion dans la cosmologie Ekang </h2>				</div>
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									<p>L’esprit est la conscience invisible qui anime les choses : les esprits sont comme les « âmes » du monde.</p><p>Le génie est la puissance invisible qui structure et agit dans les choses : les génies sont les « forces » du monde.</p><p>En d’autres termes :</p><ul><li>Les esprits parlent.</li><li>Les génies agissent.</li></ul>								</div>
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									<p><strong><u>Note de référence</u> : </strong></p><ul><li><em>Initiations et sociétés secrètes au Cameroun — Essai sur la religion Beti</em>, Philippe Laburthe-Tolra, pages 43 à 55.</li></ul>								</div>
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		<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/cosmologie-ekang-les-esprits-et-les-genies/">Qui sont les Esprits et les Génies dans les cultes africains selon la cosmologie Ekang ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
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		<item>
		<title>L’épopée initiatique Ngômbi Nliga Ñgwañ</title>
		<link>https://savoirfairekang.com/ngombi-nliga-ngwan-lepopee-du-peuple-basaa/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=ngombi-nliga-ngwan-lepopee-du-peuple-basaa</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ekang]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Nov 2025 20:36:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture et Tradition]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’épopée Ngômbi Nliga Ñgwañ appartient à la tradition orale du Mbet du peuple Basaa. Il est transmis à travers l'instrument Ngombi.</p>
<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/ngombi-nliga-ngwan-lepopee-du-peuple-basaa/">L’épopée initiatique Ngômbi Nliga Ñgwañ</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="26052" class="elementor elementor-26052" data-elementor-post-type="post">
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									<p>L’épopée <em>Ngômbi Nliga Ñgwañ</em> appartient à la tradition orale du Mbet du peuple <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bassa_(peuple)" target="_blank" rel="noopener">Basaa</a>, au Cameroun. Transmis par la parole des anciens à travers l’instrument Ngombi, ce récit s’inscrit dans la logique éducative et morale des sociétés africaines où chaque histoire sert à enseigner une valeur.<br />Ici, le conte se construit autour d’une transgression : un fils brave l’interdit de son père, subit l’épreuve, puis apprend par la douleur la portée de la parole paternelle. À travers l’itinéraire de <em>Ngômbi père</em> et de <em>Ngômbi fils</em>, le récit illustre la tension entre désir de liberté et loi, entre jeunesse et autorité. Sa dernière phrase en donne d’ailleurs la clef :</p><p><em>« C’est depuis ce jour que Ngômbi fils jura de ne plus aller à l’encontre de la parole de son père. »</em><br />Toute l’épopée vise donc à démontrer, par la narration même, que désobéir à la parole paternelle conduit à la souffrance, et qu’il n’est de sagesse que dans l’écoute.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Restitution de L’épopée Ngômbi Nliga Ñgwañ</h2>				</div>
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									<p>Ngômbi père, désirant des enfants…<br />(À l’époque) il se dirigea chez les Likéng Li Mbom.<br />Il les somma de quitter ses terres diligemment, et ils déguerpirent aussitôt.</p><p>Ainsi, l’unique fils de Ngômbi grandit.</p><p>Et Likéng Li Mbom, en ce temps, convoqua la danse chez lui.<br />Ngômbi fils dit à son père :<br />« J’entends les tam-tams, j’y vais. »</p><p>Celui-ci lui répondit :<br />« Ne va surtout pas chez les Likéng. J’y ai massacré des esclaves et ravi une albinos (ta mère).<br />Si tu t’y rends, tu mourras de sévices. »</p><p>Son fils répondit :<br />« Bof, que me racontes-tu ? »<br />Et il prit son arme pour se rendre chez les Likéng.</p><p>Ce jour même, il retrouva son oncle Bitja Bi Ndoung.<br />Il lui dit : « Oncle, allons démolir les Likéng ! »</p><p>Lorsqu’ils arrivèrent, Ngômbi fils dégaina…</p><p>Oooh oooh…<br />Des cris se soulevèrent partout. Ce fut la débandade.<br />« Qui sont ceux-là ? D’où viennent-ils ? » s’interroge-t-on.</p><p>Même son oncle Bitja Bi Ndoung s’indigna.<br />Huée générale…</p><p>Alors Likéng se leva, arrêta les tam-tams et dit :<br />« A-t-on oublié que Ngômbi père débarqua, massacra les nôtres et enleva une albinos ? Arrêtez-moi son unique fils par tous les moyens ! »</p><p>Ils parvinrent à arrêter le fils de Ngômbi, le molestèrent et l’emprisonnèrent.<br />Son oncle tenta d’entrer dans la bagarre.<br />On lui fendit la tête et le front, et on lui arracha les dents.</p><p>Il s’enfuit en criant vers son grand-oncle Ngômbi père :<br />« Eéh Nyandôm (oncle) ! »</p><p>— « Quoi donc ?! » demanda Ngômbi père.<br />— « Qu’est-ce qui t’a fendu le crâne ?<br />Qu’as-tu dans la bouche ?<br />Et tous ces bobos te viennent d’où ? »</p><p>Il lui répondit :<br />« Tu ne verras plus ton homonyme et ton fils, Ngômbi fils. Ils l’ont emprisonné. »</p><p>Ngômbi appela sa femme (l’albinos) et lui dit :<br />« As-tu entendu ça ?<br />On m’informe que mon homonyme est pris en otage !<br />Je m’y rends à l’instant.<br />Hier, j’ai bien dit à Mbômbô (mon homonyme) de ne pas bouger… »</p><p>« Que cette femme nommée Ngo Nlét Ntômb, une pure beauté du ciel… »</p><p>Il prit son fusil à son tour.</p><p>En même temps, Likéng, de l’autre côté,<br />ordonna à son valet de courir attendre Ngômbi père au sommet de la colline<br />et de tirer avec son arme au sommet de son crâne.</p><p>À peine y parvint-il,<br />Ngômbi, fils de Nliga Ñgwañ apparut lui aussi au sommet de la colline.<br />Il tira avec son arme de plein fouet, au milieu du front.</p><p>Tchouuuu…<br />Course-poursuite…</p><p>Ngômbi père résista au tir et fonça sur le valet.<br />Le valet prit la fuite, et voyant que Ngômbi père l’approchait,<br />il s’enfonça dans le trou d’un tronc d’arbre appelé « Tôm ».</p><p>Ngômbi père se mit à le chercher partout.<br />Il remua le tronc dans tous les sens,<br />étrangla le tronc tel un épervier,<br />se demandant où le salaud pouvait bien se cacher.</p><p>Il y enfonça sa main et le sentit.<br />Il le prit par ses griffes,<br />lui arracha la peau, perça le cerveau,<br />et poursuivit son chemin en courant.</p><p>Parvenant sur les lieux, Ngômbi Nliga Ñgwañ (le père)…<br />Likéng, le voyant, s’exclama :<br />« Le salaud a échappé au fusil ! »</p><p>Ngômbi père appela son fils Ngômbi :<br />« Mbômbô ééé… » (homonyme).</p><p>« Mbômbô ! »<br />Ngômbi fils répondit à ses appels,<br />et le père se mit à le détacher.</p><p>Après quoi, il lui asséna un coup de machette au dos<br />et lui intima l’ordre d’aller retrouver sa mère.</p><p>Puis il empoigna Likéng en lui disant :<br />« J’avais juré que quiconque oserait lever la main sur mon unique fils… »</p><p>Ngômbi se mit à bastonner Likéng et ses dix-huit enfants.<br />Les dix-huit enfants prirent la fuite, en criant et en pleurant…</p><p>Ngômbi dit à Likéng :<br />« Voici le moment venu de nous séparer. »</p><p>Quant au petit Ngômbi, ayant retrouvé sa mère, il lui dit :<br />« On m’a molesté chez les Likéng, et père lui-même m’a asséné un coup de machette au dos. Regarde mon dos. »</p><p>Sa mère s’écria :<br />« Oh ! Il a failli te tuer avec son cœur féroce et son caractère violent ! »</p><p>C’est depuis ce jour que Ngômbi fils jura de ne plus aller à l’encontre de la parole de son père.</p>								</div>
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					<h2 class="elementor-heading-title elementor-size-default">Analyse thématique et symbolique</h2>				</div>
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									<p><strong>1) <u>L’initiation et l’épreuve</u></strong></p><p>Le récit met en scène deux Ngômbi : le père et le fils, porteurs du même nom. Le fils est en quelque sorte le double du père. La guerre qu’il déclenche symbolise un conflit intérieur : l’orgueil du fils s’oppose à la sagesse du père.</p><ul><li>L’acte de désobéir ouvre l’épreuve initiatique, c’est-à-dire l’enseignement. Le fils veut voir, comprendre ; il est animé par la curiosité du monde, comme tout initié au seuil de la connaissance. Mais toute initiation passe par la souffrance et la mort symbolique.</li><li>La captivité du fils représente la mort symbolique de l’enfant ignorant, le jeune dévot encore aspirant à l’initiation.</li><li>Le coup de machette du père est à la fois punition, mise en garde et apprentissage : il sait désormais que le feu brûle.</li><li>Le retour auprès de sa mère marque la renaissance : il est à présent initié.</li></ul><p> </p><p><strong>2) <u>La mère albinos : symbole de pureté et d’origine</u></strong></p><p>Le fait que la mère soit albinos est fondamental. Dans les cosmologies africaines, l’albinos représente souvent :</p><ul><li>Un être à part, à la frontière du visible et de l’invisible ;</li><li>Une incarnation du monde spirituel dans le monde humain ;</li><li>Un signe de bénédiction, mais aussi de malédiction lorsque les tabous sont transgressés.</li></ul><p>Ainsi, la mère albinos incarne la pureté originelle et le lien entre les mondes.</p><p> </p><p><strong>3) <u>La parole du père</u></strong></p><p>Tout au long du récit, la parole du père structure le monde. Chez les Basaa, comme dans de nombreuses traditions bantoues, l’écoute est une qualité essentielle à cultiver.</p><p>Ne pas écouter son père, c’est assumer les conséquences de sa propre désobéissance.</p><p>Le parcours initiatique requiert d’accepter une chose : reconnaître que l’on ne sait rien.</p><p>Pour apprendre, il faut vider son esprit des certitudes afin d’accueillir la vérité et d’en sortir transformer, c’est le sens même du mot initiation. Elle demande humilité et disponibilité à apprendre. Comme le dit la sagesse populaire :</p><p>« Même un bébé peut vous apprendre quelque chose : soyez humbles et apprenez de toute chose qui se présente à vous. »</p>								</div>
				</div>
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									<p><strong><u>Note de référence</u></strong> :</p><p>L’épopée tel que déclinée est celle du conteur Minka, résidant dans son village à Boumnyebel au Cameroun. Elle fut traduite en Français par Mbombog Kend Djon. Ci-après la vidéo de l’épopée déclinée par <a href="https://savoirfairekang.com/harpe-africaine-cithares-joseph-minka-un-initie/" target="_blank" rel="noopener">Minka </a>:</p>								</div>
				</div>
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		<p>L’article <a href="https://savoirfairekang.com/ngombi-nliga-ngwan-lepopee-du-peuple-basaa/">L’épopée initiatique Ngômbi Nliga Ñgwañ</a> est apparu en premier sur <a href="https://savoirfairekang.com">Savoir-Faire Ekang</a>.</p>
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