Eunice Biyoghe

Eunice Biyoghe, journaliste et actrice gabonaise : « On doit pouvoir à travers nos contenus, nous réconcilier à notre histoire »

Jeune par l’âge mais grande par le talent, Eunice Biyoghe s’est hissée par la force de son travail, parmi les visages qui comptent dans le paysage audiovisuel gabonais. Entrepreneure, journaliste et actrice, la native de Libreville tutoie l’excellence dans une pléthore de domaines. Révélée au public international en 2013 grâce à son rôle principal dans le film « L’œil de la citée » primé au Fespaco, Eunice Biyoghe est devenue un an plus tard, une présentatrice vedette de la Radio Télévision gabonaise. Avec son agence de communication E2B Média, la jeune dame s’est donnée pour cheval de bataille de défendre les intérêts de la femme, et de mettre en évidence des productions à caractère culturel qui relient les Gabonais et les Africains à leur nature profonde.

 

Personnalité Fang dont la success story est aujourd’hui citée en exemple auprès des jeunes filles de son pays, Eunice Biyoghe s’est confiée à Savoir-Faire Ekang dans une interview qui retrace son parcours, ses fiertés, ses ambitions et ses combats.

Eunice Biyoghe

Mbolo Eunice et merci d’accorder cet entretien à Savoir-Faire Ekang.

C’est un honneur pour moi de pouvoir échanger avec vous.

Vous êtes une présentatrice télé populaire au Gabon, racontez-nous vos débuts dans ce milieu…

Tout a commencé par l’art oratoire en 2009 quand très vite, je me suis retrouvée sur les scènes de l’institut français à performer en tant que slameuse car je suis une amoureuse de lettres. Puis en 2011, je me suis retrouvée devant les caméras pour un spot publicitaire d’une maison de téléphonie mobile. Il faut dire que je me suis très vite adaptée aux caméras et tout mon entourage dans cette période me conditionnait à flirter avec les métiers de l’audiovisuel. En 2012 en commençant à exercer en tant qu’animatrice radio à Ubuntu 93.3 FM, j’ai eu l’opportunité de faire des rencontres qui m’ont conduit à la musique et ensuite au cinéma. En 2013, j’ai mon premier rôle dans une série gabonaise primée au Fespaco « L’œil de la citée » réalisée par Samantha Biffot. Et là, va s’enchaîner une série d’apparitions dans des films et des séries jusqu’à ce que je sois tête d’affiche du court-métrage « Moane mory » d’Amédée Pacôme Nkoulou dans lequel j’ai le rôle principal en 2014. Durant la même année je rejoins la radio Urban FM et la chaîne nationale Gabon Télévisions.

Du cinéma au métier de la communication et du journalisme, comment s’est faite la transition ?

En réalité, il n’y a aucune transition car la passion est cet élément qui vous conduit partout où vous voulez. Tout naturellement je baignais déjà dans les métiers de l’audiovisuel ce qui changeait c’était juste le cadre, j’ai commencé à faire du cinéma parce que je me suis toujours dit que je suis capable de faire tout ce que je veux, c’est ce qui me vaut aujourd’hui toutes ces expériences dans différents domaines, je n’ai jamais eu la crainte de me rater, je me suis toujours dit que si ça ne marche pas c’est qu’au final ce n’est pas fait pour moi mais au moins j’aurai essayé. Je commence la radio en 2012, le cinéma en 2013 puis la musique et la télé en 2014 quatre métiers complémentaires dont le point commun est de s’adresser à un public, transmettre des émotions et être soi-même. Aujourd’hui je suis diplômée en journalisme et en communication des entreprises. J’ai une entreprise de communication E2B Média et j’aspire à de nouvelles expériences professionnelles.

 

Nous avons appris que vous collaborez également avec Canal +, parlez-nous de la nature de cette collaboration…

Depuis quelques années Canal+ Afrique à travers ses filiales met en avant le savoir-faire des acteurs culturels présents en Afrique. Au Gabon le dynamisme est bien installé aussi, il n’y a qu’à constater le nombre de gabonais qui sont déployés dans divers programmes sur les chaînes Canal +. Pour célébrer ses 30 ans au Gabon, c’est en ma qualité de productrice que j’ai proposé à travers mon agence de communication spécialisée dans la production audiovisuelle E2B Média, un contenu sur mesure qui a marqué l’ouverture de la cérémonie d’anniversaire des 30 ans de Canal + Gabon. C’est une capsule que vous pouvez retrouver sur les différentes plateformes numériques de E2B Média. Une collaboration exceptionnelle qui témoigne d’un profond respect du travail bien fait. À travers votre plateforme, je réitère mes sincères remerciements à toute la direction de Canal + Gabon et à Chrismain Babala qui croient au potentiel gabonais.

Eunice Biyoghe

Quels sont selon vous, vos plus grandes fiertés dans ces deux carrières en cinéma et en audiovisuel ?

Mes plus grandes fiertés aujourd’hui sont de voir que le travail acharné paie, de pouvoir recevoir des messages quotidiennement de personnes de tous horizons qui me hissent où je ne me suis pas moi-même vu. Alors que j’estime que je n’ai pas encore atteint mes objectifs, c’est une fierté d’être citée pour exemple auprès de certaines femmes.

 

 

Quels sont les aînés Ekang qui vous ont inspirés dans votre brillant parcours ?

Je ne saurai parler de mon parcours et du maintien de l’équilibre de ce chemin sans mentionner Medza Assoumou Louise Olga (Loulou) ma maman, une femme qui symbolise la force et la rage de vaincre, un manager qui me pousse au-delà de mes limites, rigoureuse et aimante à souhait, elle est une véritable boussole. Professionnellement, j’ai longtemps regardé Joëlle Ndong, Naneth Nkoghe, Justine Mintsa et bien d’autres. Aussi, c’est toujours un plaisir de regarder ou d’échanger avec Mme Benga, Mme Honorine Nze Biteghe, Laurence Ndong et toutes ces femmes qui ont des combats nobles.

Eunice Biyoghe

Quels sont à court et à long termes vos prochains projets et rêves ?

Mon nouveau challenge se trouve dans la production de contenu audiovisuel. À long terme, on aimerait créer du contenu pour réconcilier le public Gabonais aux programmes locaux, une tâche lourde que j’espère pouvoir porter en m’associant à ceux comme moi qui épousent cette idée. On doit pouvoir à travers nos contenus, nous réconcilier avec notre histoire, notre culture et notre éducation. Voilà dans l’immédiat un projet qui me tient à cœur. D’autre part, j’aimerais continuer mon combat auprès des femmes qui pour plusieurs raisons ont du mal à s’affirmer dans la société.

 

Quelle est selon vous, la nature des liens que vous avez avec votre culture et vos traditions ?

Je suis éblouie par la richesse culturelle et les traditions qui sont les nôtres. J’ai un amour dévoué pour la culture gabonaise. Depuis quelques années, je m’efforce à en apprendre un peu plus sur notre être originel, qui nous sommes, nos religions et tout ce qui constitue ce que nous sommes.

Que vous inspire une plateforme comme Savoir-Faire Ekang qui a pour but de valoriser ce peuple et sa culture ?

Savoir-Faire Ekang est une initiative louable dont je suis admirative, vous savez on passe notre vie à chercher des repères, des exemples, des inspirations et nos héros des temps modernes, faute de réponses on se retrouve souvent à copier ce qui vient d’ailleurs et nous perdons notre empreinte identitaire , vous à travers cette plateforme vous nous gratifiez d’un travail de qualité en nous apportant la connaissance, les inspirations et des exemples. Je vous souhaite le meilleur et comme on dit chez nous 

« E kwass é kan nkoun é de ba kam a dõ ».

Merci de protéger nos acquis, merci pour ce travail d’exception.

 

Par Cédric Minfoumou Zambo, Rédacteur en chef Savoir-Faire Ekang.